Year Long Disaster - "Black Magic: all mysteries revealed"

Par Scred | le 30/03/2010 | Les autres articles sur le Hard Rock

Héritages
La première chose qui ne saute pas aux oreilles lorsque l’on écoute le « Black Magic » de Year Long Disaster, c’est la filliation de Daniel Davis, le chanteur et guitariste du groupe.
Year Long Disaster - "Black Magic: all mysteries revealed" En effet, dans ce mélange de riffs agressifs et de vocalises fortement inspirées par les premiers balbutiements du heavy metal des seventies, il n’est pas évident de retrouver l’héritage de Dave Davis, l’ancien guitariste des Kinks. Quoique. Il y a bien cette légende persistante qui attribue à ce dernier l’invention du son hard rock au début des années 60 de par son utilisation systématique de la saturation dans les morceaux des Kinks et sa manie de planter des couteaux dans ses amplis histoire de corser un peu l’affaire... C’est déjà un bon début de piste.

De toutes façons, les membres du trio qui forment Year Long Disaster (Daniel Davis, Rich Mullins (Karma To Burn) et Brad hargreaves (ex Third Eye Blind)) n’ont que faire de ce genre de considérations... Après un premier album en forme de coup de boule paru en 2007 qui avait mis la critique en émoi et s’inscrivait parfaitement dans le mouvement de revival du hard rock vintage qui commençait à prendre de l’ampleur, Year Long Disaster nous balance ce « Black Magic » comme si le temps s’était suspendu depuis la sortie du « Paranoid » de Black Sabbath.

Adoubés par Lemmy Kilmister (décidément très à l’aise dans son rôle de « parrain » du rock) qui déclare haut et fort que le groupe joue le rock « comme il devrait toujours être joué », Year Long Disaster est sûr de son fait et de la voie qu’ils ont choisi, un hard rock qui flirte avec le heavy sur des titres immédiatement accrocheurs tels que l’excellent « Show me your teeth », « Stranger in my room » ou encore l’ébouriffant « Sparrow Hill » et ses breaks à répétition. Le thème général de l’album est d’ailleurs assez famillier avec la mythologie classique du heavy metal puisqu’inspiré par « The Master and Margarita » (rien à voir avec la pizza), l’oeuvre de Mikhail Bulgakov dépeignant l’arrivée du Diable et de sa cohorte de minions dans la très athée Union Soviétique, un roman qui avait déjà soufflé à l’oreille de Mick Jagger les paroles de « Sympathy for the devil ».

D’autres titres sortent du lot, ainsi la ballade très zeppelinienne « Seven of swords » vient calmer un peu le jeu avec classe en prélude à l’angoissant « She told us all ». Mais l’incantation suprême de « Black Magic », comme dans toute messe noire réussie (prévenez vos amis, buffet gratuit !) réside dans le duo final « Foggy Bottom »/ « Cyclone », le premier morceau brillant par une structure complexe soufflant le chaud et le froid et illuminée par un break de batterie infernal (et pour cause) et le second visant très clairement le plexus de l’auditeur afin de le laisser pantelant et très probablement envoûté par cette magie noire au pouvoir de séduction décidément toujours aussi puissant.

Year Long Disaster nous livre donc ici un très grand album, sombre et inspiré, qui nous donne à penser que l’avenir du rock qui sent le souffre a encore de belles et longues nuits devant lui...

    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.