Wu Lyf - "Go tell fire to the mountain"

Par Scred | le 11/08/2011 | Les autres articles sur le Rock Indépendant

Guère civils
Rarement un groupe ne m’aura posé autant de problème de rangement… Où donc caser les Wu Lyf ? (prononcez « Woo Life »). Ce qui, en soi, devrait plutôt être une qualité. En effet, ne répétons-nous pas à longueur de journée que les étiquettes ne servent à rien, que seule la musique compte, tout ça ? Certes. Mais généralement, on a quand même une petite idée.
Wu Lyf - "Go tell fire to the mountain" Alors que là, mystère. La musique des Wu Lyf semble sortie de nulle part, mais d’un nulle part relativement sombre et pas très marrant. Pour tenter une approche par la face nord, on pourra évoquer une orgue presque ecclésiastique enveloppant chaque morceau de ce « Go tell fire to the mountain », souligné par une guitare qui brille par son absence totale de saturation et par sa reverb qui nous renvoie à l’église citée plus haut, créant une ambiance de recueillement proprement dynamitée par la voix étrange et écorchée d’Ellery Roberts, sorte de croisement entre un Joe Strummer grippé et un Shane Mac Gowan en pleine gueule de bois !

Et oui, ça gueule, mais ça gueule bien ! Une colère semblant complètement hors de propos en comparaison des mélodies légères proposées par le groupe de Manchester qui cultive autour de lui un secret que certains doivent trouver un peu trop hype pour être honnête… Mais force est de constater que cela fonctionne plutôt pas mal.

On est loin de crier au génie mais des titres comme « Spitting Blood », « Dirt », « Cave Song » ou le très planant « Heavy Pop » font beaucoup mieux que de faire tendre l’oreille, ils la malmènent juste ce qu’il faut pour lui faire faire sa dose d’exercice quotidien sans lui mâcher le boulot.

D’ailleurs, « Heavy Pop » est un assez bon qualificatif pour décrire la musique de Wu Lyf en définitive, une pop music dégénérée, brutale comme un coup de boule de hooligan et aussi harmonieuse qu’un chœur de supporters à Old Trafford, et qui sait, un rien possédée. Ce qui ne serait pas étonnant puisque le nom du groupe est un acronyme signifiant « World United Lucifer Youth Foundation » ! Tout un programme…

En tous cas, il se pourrait que cette musique serve de bande son idéale au soulèvement général qui semble avoir lieu en ce moment en Angleterre, la jeunesse en a marre, de quoi on ne le sait pas très bien mais le sait-elle elle même ? Sûrement pas. Comme on ne sait pas non plus ce qui a pu pousser ces quatre jeunes mancuniens à nous pondre un album aussi étrange et inclassable, visiblement brillant, et quelque part assez monstrueux au sens littéral du terme.

Certains vont adorer, les autres vont détester ne rien y comprendre, ce qui est certain c’est que les Wu Lyf ne peuvent pas laisser indifférents. Et c’est déjà ça.
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