Weezer - "Hurley"

Par Scred | le 08/09/2010 | Les autres articles sur le Rock Indépendant | Soyez le 1er à réagir sur cet article
Le gros lot
Moins d’un an après la sortie de l’excellent « Raditude », Weezer démontre avec insolence (et insouciance) qu’il ne sert à rien d’attendre des plombes entre deux albums afin de rentabiliser l’affaire et que le talent, lui, n’attend pas.
Weezer - "Hurley" Alors certes, la recette est sensiblement la même. « Raditude » était truffé de chansons légères et entraînantes planquées derrière une pochette improbable, et « Hurley » … comment vous dire ? La pochette d’abord. Elle représente en effet Hurley, personnage mythique de la série culte « Lost », un adolescent attardé et rebondi, sorte de projection subliminale du public supposé de Weezer.

Cependant, si l’on creuse un peu, on se souviendra que le personnage d’Hurley possède dans « Lost » une caractéristique particulière, il a gagné le gros lot à la loterie nationale. Et c’est bien ce que semble nous suggérer Rivers Cuomo au travers de ce porte-étendard joufflu, Weezer a décroché la cocotte avec cet album, certainement leur meilleur depuis « Make Believe » en 2005.

La tonalité générale est plus rock, plus directe pour commencer. Dès « Memories » qui ouvre l’album, on sent que Weezer a envie de faire trembler les murs tout en gardant ses fondamentaux, un college-rock mélodique et accrocheur truffé de refrains imparables soutenus par un mur du son à la production limpide. Tendance confirmée avec « Ruling Me », probablement le meilleur single potentiel du groupe depuis « Beverly Hills », car tout y est ! Couplets addictifs, refrains qui rentrent dans la tête dès la première écoute et breaks lumineux, on sent presque l’herbe fraîchement coupée sur les pelouses du campus !

« Trainwrecks » poursuit la même logique en se permettant d’aller chasser sur les terres de Green Day, la rebel-attitude en carton en moins ! Le premier ralentissement de tempo intervient avec la fausse ballade « Unspoken » qui finit sa course contre le mur du son cité plus haut dans un hommage à peine voilé au « Smells like teen spirit » de Nirvana, comme ça sans prévenir, au détour d’un refrain. Weezer n’oublie également pas d’où il vient et s’offre avec le délirant « Where’s my sex ? » une adaptation contemporaine d’une vieille rengaine des Kinks, trois accords et beaucoup de patate, la recette fonctionne toujours aussi bien !

On pourrait continuer comme cela pour chaque titre de cet « Hurley » réjouissant et instantanément familier, du génial « Hang On » au post-hippie « Time Flies », seul titre de l’album à dépasser (de peu) les quatre minutes, car là encore la règle édictée par les Pixies se vérifie, si tu peux dire en trois minutes ce que tu comptais dire en cinq, n’hésite pas !

C’est aussi vrai pour les critiques rock, je vais donc en rester là en précisant toutefois que la version Deluxe de l’album comporte quatre titres bonus dont l’excellent « All my friends are insects » et une reprise inattendue du « Viva la Vida » de Coldplay en live. C’est toujours ça de pris, surtout si vous êtes coincé sur une île déserte si vous voyez ce que je veux dire…
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