Viza - "Made in Chernobyl"
Soviet of a Down
S’il y a quelque chose que j’ai conservé de mon court séjour en Russie, c’est bien l’amour de la musique que l’on écoute là-bas. On trouve dans les airs traditionnels russes un mélange de folie et d’héroïsme unique en son genre, allié à une tristesse et une gravité qui décrit assez fidèlement la mentalité de ce peuple magnifique. Pourtant, malgré les apparences, Viza n’a rien d’un groupe russe… Hors sujet complet ! Et cependant, « Made in Chernobyl » vous revigore comme un shot de vodka glacé et vous emmène galoper très loin dans la Taïga. Par quel miracle ? Explication.
Viza est originaire de Los Angeles, comme vous le voyez on est assez loin de Vladivostok (quoique avec le bateau, il y a moyen de s’arranger). La bonne fortune du groupe a été de se faire remarquer par Serj Tankian (System of a Down), tant pour la qualité de sa musique que pour les compatibilités que cette dernière présente avec celle de SOAD. Ni une ni deux, voici Viza embarqué en tournée avec le chanteur à la voix d’or et promis à une carrière internationale !Et Serj Tankian va même plus loin puisqu’il offre au groupe californien un duo étourdissant intitulé « Viktor », véritable arme de destruction auditive massive histoire d’attirer les projecteurs sur l’album de ses petits protégés et ça marche, la preuve ! Au passage, quel plaisir d’entendre à nouveau cette incroyable voix sur une musique réellement agressive…
Mais bon, avant d’arriver à ce titre, nous sommes priés d’embarquer à bord du « Trans-Siberian Standoff », un petit brûlot métal-punk à tendance casatchok bien éloigné de l’ambiance qui règne à bord du célèbre train où le temps semble s’arrêter durant les six jours que durent le voyage ! Ici, on est en pleine charge, sabre au clair, vers les lignes ennemies qui nous attendent planqués dans leur tranchée ! Boum, dans les dents ! Même chose pour « My Mona Lisa » où règne encore cette ambiance proche de System of a Down, la petite touche folklorique en plus obtenue grâce à l’utilisation d’instruments traditionnels incongrus mais au final tout à fait cohérents.
Et en parlant d’ambiance, on peut dire qu’elles sont variées sur "Made in Chernobyl", du très funky « Sans Red » à l’angoissant « The Uzbek Brothel » où tout s’achète sauf l’amour selon la formule consacrée, en passant par les délires orientaux de « What if ? » qui cachent derrière un rythme accidenté des paroles d’une véritable profondeur. N’oublions pas l’excellent « Fork in the Road » qui évoque autant les airs traditionnels slaves que « This is Halloween », si les deux concepts pouvaient se retrouver quelque part sur une plage de surfeurs… Si, si, je vous assure, c’est possible !
Au final, « Made in Chernobyl » nous fait voyager très loin de ses terres d’origines en compagnie d’un groupe fantasque qui doit autant au métal hystérico-mélodique de System of a Down qu’au rock délirant des Leningrad Cowboys, le tout enveloppée dans un joli papier cadeau fait de virtuosité et de textes acerbes. Il a du goût Serj, décidément. Quand on sait que Viza, en russe, signifie « esturgeon », j’ai envie de dire bonne pêche ! Quoi, on peut rigoler non ? Nasdarovie !
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