VCMG - "SSSS"

Par Scred | le 14/03/2012 | Les autres articles sur le Pop

Ancienne Mode
De l’électro sur Actumusic ? Vous ne rêvez pas, une fois n’est pas coutume, c’est bel et bien un album électronique, et même franchement techno qui débarque dans vos oreilles habituées à des sonorités un poil plus distordues et organiques ! Mais il faut dire que cet album a une particularité qui fait de sa parution un petit événement : il n’aurait jamais dû exister.
VCMG - "SSSS" Derrière les initiales VCMG se cachent en effet deux frères ennemis, Vince Clarke et Martin L. Gore. Résumé des épisodes précédents… Nous sommes en 1981 et l’Angleterre se réveille d’une gueule de bois carabinée après le raz de marée punk de la fin des années 70. En recherche de nouveaux sons, l’ami Vince Clarke découvre la beauté des sons électroniques et fonde avec Andrew Fletcher un groupe exclusivement composé de synthétiseurs. Bientôt rejoints par Dave Gahan au chant et Martin L. Gore, Composition Of Sound devient rapidement… Depeche Mode.

Forts d’un premier album (« Speak And Spell » - 1981) propulsé en tête des charts par le single « Just Can’t Get Enough », le groupe a le vent en poupe et se voit déjà beau, un sentiment que Vince Clarke, alors compositeur principal, décide de s’approprier en quittant Depeche Mode pour voler de ses propres ailes. Pourquoi partager ? Il fondera Yazoo (responsable du mythique « Don’t Go ») puis Erasure. Qui ça ? Bah oui… De son côté, Martin L. Gore profitera du départ de Clarke pour s’émanciper et donnera à Depeche Mode l’ampleur et le succès qu’on leur connaît aujourd’hui.

Vince Clarke n’a jamais caché son amertume d’avoir quitté le train en marche mais a volontiers reconnu que le talent de Gore n’aurait jamais pu s’exprimer avec autant de génie sans cette séparation originelle… Il n’en reste pas moins que la question s’est souvent posée parmi les fans de DM, que serait devenu le groupe sans cette scission ? VCMG nous apporte un élément de réponse…

Car vous l’avez compris, c’est bien de cela qu’il s’agit… Trente ans après l’invention de la Cold Wave (ou Electro Pop, ou ce que vous voudrez), les deux hommes ont remis les mains dans la machine ensemble, histoire de voir ce que cela donnerait. Sauf que, depuis, de l’eau a coulé dans les circuits imprimés et la musique électronique n’a plus rien de révolutionnaire, tout le monde connaît ! Certes... Mais voilà, si cette musique est devenue mainstream, c’est en grande partie grâce à ces deux lascars, du coup leur réunion tardive en forme de retour de flamme a quelque chose de profondément excitant ! Mais trêve de bavardage, à quoi ça ressemble ?

Difficile à dire… Depuis « Speak And Spell », le son de Depeche Mode a subi une évolution radicale, laissant la place à une pop sombre agrémentée de guitares et hantée par la voix profonde de Dave Gahan alors que Vince Clarke n’a jamais vraiment abandonné ses mélodies légères et accrocheuses. Plutôt que de mélanger les deux genres, Gore et Clarke ont décidé de repartir des bases, la machine.

Une machine qui reprend vie après des années de maturation, pour accoucher d’un album instrumental de techno pur jus, aux lignes claires habitées par les sonorités étranges qu’affectionne Martin Gore. Le titre d’ouverture (« Lowly ») aurait parfaitement pu être écrit en 1981, dans la foulée d’un « New Life » par exemple, tout comme « Windup Robot » qui reprend presque à l’identique le rythme de « Just Can’t Get Enough ». L’ensemble de l’album suit cette ligne directrice, comme si ce disque était le fruit d’une découverte archéologique, un truc exhumé des eighties qui aurait prit la poussière pendant tout ce temps au fond d’un carton.

Au final, ces dix titres très cohérents entre eux forment plus un témoignage qu’une véritable tentative de s‘imposer comme un nouveau groupe grand public. Vince Clarke et Martin L. Gore ont voulu offrir aux amateurs de musique électroniques leur vision d’un genre qui, sans eux, n’aurait peut-être pas vu le jour aussi rapidement. Exercice parfaitement maîtrisé du reste, qui tient cependant plus de la curiosité artistique que du véritable coup de génie.
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