U2 - No Line on the Horizon

Par Scred | le 15/09/2009 | Les autres articles sur le Rock

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U2 s'était fait rare ces dernières temps...
U2 - No Line on the Horizon Quatre années nous séparent de leur précédent (et assez réussi) dernier album au titre tellement long que comptez pas sur moi pour le réécrire ici, et le monde a sacrément changé dans l'intervalle. La question qui se pose est la suivante, la sortie d'un nouveau U2 est-elle encore un évènement en 2009 et si oui, est-ce justifié ?

Miss Emilie B, grande spécialiste du rock britannique en général et du groupe irlandais en particulier me disait très récemment qu'on attend pas seulement d'un U2 qu'il soit bon, ça c'est la moindre des choses, mais qu'il soit exceptionnel, qu'il fasse oublier tous les autres lors de la première écoute ! Je vous le dis tout de suite, elle risque d'être un peu déçue..."No line on the horizon" est un bon disque, c'est une certitude. U2 semble avoir définitivement renoncé aux excentricités du type "Discotheque" pour se concentrer sur ce qu'il fait de mieux, à savoir un rock héroïque avec des guitares bourrées de delay, une basse omniprésente et une voix qui décroche les toiles d'araignée dans les coins !

Le jour où Bono perdra l'usage de son organe n'est pas encore arrivé... Le duo magique Eno/Lanois est de retour à la production, histoire de renforcer la sensation d'être en terrain connu et de fait, on navigue dans des eaux claires situées entre "The Unforgottable Fire" et "The Joshua Tree". Les deux titres d'ouverture, "No line on the horizon" et "Magnificent" nous transportent vingt ans en arrière, avec un Bono qui semble avoir rajeuni dans son interprétation et la guitare de The Edge qui résonne comme au bon vieux temps (un peu trop même sur "Magnificent", au point qu'on croirait entendre une intro d'Indochine mais bon, ils ne peuvent pas connaître Indochine à Dublin, si ?).

"Moment of Surrender" et "Unknown Caller" ralentissent le tempo un court instant pour retrouver une ambiance plus proche du U2 des dernières années avec un Bono qui s'arrache la voix d'une belle manière sur le premier et des ch?urs puissants sur le second, ça n'a pas inventé l'eau chaude mais ce n'est pas à jeter à la poubelle non plus...

"I'll go crazy..." est la première véritable bonne surprise de l'album. Sur un tempo entraînant, on y retrouve tous les ingrédients qui ont fait de U2 le monument du rock qu'il est aujourd'hui, une mélodie imparable, des refrains accrocheurs, le tout produit aux petits oignons, enfin on respire. "Get on your boots" change complètement de registre avec son côté Dylanien survitaminé, on comprend le choix du groupe de sortir cette chanson en premier single tant elle semble formatée pour la radio, un peu trop même. "Stand up comedy" marque le retour de la mouche dans son riff général, les effets bizarres sur la voix en moins... Sur un texte acerbe, Bono déroule son "stand up for your love" avec conviction, une chanson faite pour la scène si ils arrivent à la caser dans leur set !

Passons "Fez ? Being Born", qui présente peu d'intérêt (malgré une production toujours aussi impressionnante), ainsi que "White as snow" (gentille ballade, c'est vrai que ça manquait) pour nous intéresser à "Breath", véritable bombe à retardement placée à la fin de l'album histoire de recaser l'auditeur, où U2 chasse sur les terres de ses ancêtres, à savoir Thin Lizzy. Deuxième bonne surprise de l'album donc !

Un album qui se clôt sur "Cedars of Lebannon", au titre plus qu'évocateur... U2 termine souvent ses disques sur une note apaisée et celui-ci ne fait pas exception à la règle, bon, on n'est pas au niveau de "All I want is you" ou "The Wanderer", soyons clairs.En conclusion, on sort de cet album avec l'impression d'avoir écouté une excellente compilation d'inédits glanés ça et là au long de la carrière de U2. Sans plus. U2 est de toute façon incapable de sortir un mauvais disque, une vraie bouse quoi.

Malheureusement, il semblerait qu'ils n'aient plus la recette pour sortir un chef d'oeuvre non plus.
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