Trust - "Olympia 4 dec. 2007"

Par Scred | le 30/11/2009 | Les autres articles sur le Hard Rock

Chaude est la foule
Il est amusant de constater combien les groupes de hard rock sont attachés aux anniversaires...
Trust - "Olympia 4 dec. 2007" Vous souvenez-vous de l’anniversaire des 20 ans de Depeche Mode ou de U2 ? Alors que tous les cinq ans Motörhead nous refait le coup, ainsi que Kiss récemment, Iron Maiden, etc. Il y a un vrai côté sentimental chez les rockeurs bruyants, ou peut être une sorte d’étonnement amusé de se savoir toujours là, en pleine forme pour la plupart alors que tout le monde s’accordait à leur prédire un oubli plus ou moins rapide sous les coups répétés de la techno et du rap...

Comme disait Jack Black, « personne ne peut tuer le métal ! »

Et ce 4 décembre 2007 c’est nos p’tits gars de Trust, le meilleur (le seul ?) groupe de hard français qui fête ses trente ans de carrière à l’Olympia, une carrière interrompue à l’orée des années 90 pour diverses raisons et qui a repris de la vigueur il y a peu en raison de la montée des injustices dans notre beau pays, un état de fait propre à redonner de la hargne à la bête. Car Trust n’est pas un groupe de hard rock comme les autres... Ici point de métaphores sur la mort, le diable ou la guerre, le discours est clair et sans ambiguités ! Trust est un groupe punk dans l’âme avec des thèmes de chansons enragées dézinguant à tout va les politiques, les religions, les flics, les patrons, le tout servi sur une musique bien heavy qui leur a ouvert en leur temps les premières parties de groupes comme AC/DC ou Iron Maiden.

Et c’est d’ailleurs le premier cadeau de ce petit coffret anniversaire car en effet, en plus du concert de l’Olympia, vous pourrez y retrouvez l’intégralité du concert du Rockpalast à Cologne daté du 5 juin 1982, un concert mythique pour le groupe alors au top de sa popularité et dont le batteur de l’époque se nommait Nicko McBrain... Et oui, l’emblématique batteur d’Iron Maiden encore tout jeunôt donnait la mesure à nos frenchies et quelle mesure ! De plus, cela nous donne l’occasion de découvrir Trust sur une scène étrangère où le groupe interprête ses morceaux en anglais pour la plupart, histoire d’être certains que le message passe. Grand moment donc, et parfaitement complémentaire avec le live de 2007 où Bernie Bonvoisin n’a manifestement rien perdu de sa hargne ni de sa colère...

Bon, certes il s’est un peu empaté, a perdu ses cheveux et porte une chemise à fleurs que n’aurait pas renié Carlos (le chanteur) mais la voix est toujours là, puissante et brûlante comme un cocktail molotov, la voix de la révolte qui véhicule toujours les mêmes colères sur l’enfer carcéral (« Sors tes griffes », « Le mitard »), la police (« Police-Milice », « Instinct de mort »), les politiciens (« L’élite », « Préfabriqués »), la religion (« Les templiers »)... La setlist est tellement bien faite qu’elle fait froid dans le dos tant certains titres sont restés d’actualité trente ans plus tard, ainsi « Mr Comédie » aurait pu s’appeller « Mr Kadhafi », « Bosser 8h » résonne sinistrement après les suicides chez France Telecom, tout comme « Darquier » à l’heure des questions malsaines sur l’identité nationale et « Antisocial » ... ben « Antisocial » quoi !

A l’heure où manifester son désaccord envers le président de la raie publique peut nous valoir une bonne garde à vue dont on est même pas certain de ressortir vivant, cette chanson est plus qu’un hymne, c’est un manifeste. Et puis il y a tout le reste, « Ton dernier acte » en hommage à Bon Scott, « Palace », « Marche ou crève », « Fatalité », la liste est longue tout autant que « chaude est la foule » pour acclamer la carrière de Trust, toujours debout et pas près de baisser les armes ni leur froc.

Peut-être est-il temps de perdre son sang froid ?
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