Travis Barker - "Give the drummer some"

Par Scred | le 11/03/2011 | Les autres articles sur le Hip Hop

Baguettes magiques
On a tous des plaisirs honteux, des trucs pas racontables, des casseroles musicales que l’on ose parfois confesser après plusieurs pintes dans un pub confortable… Personnellement, j’avoue vouer un culte secret à plusieurs groupes de hard FM permanentés échappés des années 80 par exemple, ainsi qu’à quelques groupes de punk californien dont Blink 182. J’y peux rien, c’est comme ça. J’aime leurs mélodies simplissimes, leurs arrangements calibrés pour passer sur MTV, leurs paroles débiles, leur attitude d’ados attardés et par dessus tout j’aime leur batteur, Travis Barker. Et je vous emmerde !
Travis Barker - "Give the drummer some" En même temps, je ne devrais pas m’en cacher comme ça. C’est vrai quoi, Travis Barker est probablement l’un des meilleurs batteurs au monde avec, au hasard, Nicko McBrain et Mikkey Dee ! Outre sa technique hallucinante, mélange de frappes de mule et de rapidité d’exécution étourdissante, notre tatoué ne se cantonne pas à un seul style. Grand amateur de hip-hop, il a cartonné sur internet avec une vidéo où on le voit partir en vrille sur un titre de Soulja Boy (« Crank That »), petit exercice de style prémonitoire de l’album qui débarque aujourd’hui dans les bacs, le bien nommé « Give the drummer some ».

En effet, Travis Barker a décidé de se faire un gros plaisir en invitant le meilleur de la crème de la crème de ce qui se fait de mieux dans le milieu du hip-hop américain, d’y rajouter une louche de métal en fusion et de mixer le tout pour accoucher d’un disque à la puissance de feu propre à réveiller les morts. Jugez plutôt, pendant que Raekwon et RZA du Wu-Tang Clan se prennent la tête avec Tom Morello (Rage against the machine) sur « Carry It », Snoop Doggy Dogg frappe à la porte de Ludacris (« Knockin’ ») sur un rythme hypnotique mené à la baguette par le maître de cérémonie.

On pense aux premiers enregistrements des Beastie Boys ou à la légendaire bande originale de « Judgement Night » quand Lil Wayne bataille avec les roulements de Barker sur « Can a drummer get some », quand Cypress Hill enfume « Beat goes on » ou encore quand Corey Taylor (Slipknot, Stone Sour) fait péter les décibels sur « On my own » avec une brutalité salvatrice. Du bon son brut pour les truands comme dirait l’autre…

Et que dire du morceau fleuve « Misfits », mélange de techno ambiance gabber, de punk et de hardcore mixé par le DJ Steve Aoki où Barker livre une partition éprouvante pour les nerfs ? Dire que le gars était encore couché dans un lit d’hôpital suite à un accident aérien il y a à peine un an… Ça force le respect. Tout comme « Saturday Night », un titre enregistré avec la complicité de son groupe parallèle The Transplants et de Slash, toujours dans les bons coups, qui s’amuse à taquiner Carlos Santana dans un style latino blues qui lui va à merveille.

Au final, « Give the drummer some » est une curiosité bienvenue, le genre de disque inattendu qui a le potentiel pour devenir culte assez rapidement, ne serait-ce que pour sa pochette dessinée par Pushead, l’artiste attitré des couvertures des singles de Metallica. Travis Barker s’amuse à faire bouger les lignes à grands coups de baguettes magiques et s’impose définitivement comme l’un des grands sorciers du club des martyriseurs de fûts…
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