Tony Sheridan and The AfterBeat (feat. Pete Best) au Divan du Monde – 18/10/11

Par Scred | le 19/10/2011 | Les autres articles sur le Rock

Backbeats
Il y a cinquante ans paraissait un single d’apparence anodine, qui se hissa jusqu’à la quatrième position des charts teutons. Le disque s’appelait « My Bonnie » et était interprété par un certain Tony Sheridan, alors accompagné par un groupe obscur, l’une des dizaines de formations qui envahissait l’Allemagne via Hambourg en provenance d’Angleterre, connu sous le nom cocasse de Beatles. Oui, les mêmes.
Tony Sheridan and The AfterBeat (feat. Pete Best) au Divan du Monde – 18/10/11 Et ce soir, au Divan du Monde, on réécrit l’histoire avec un grand H comme dans « Help ! » puisque ledit Tony Sheridan est venu célébrer l’anniversaire de la première trace vinylique des Fab Four en compagnie de Pete Best, premier réel batteur des Beatles entre 1960 et 1962, et des AfterBeat, l’un des meilleurs tribute band dévoué à la cause des quatre de Liverpool ! Et l’événement est loin d’être anecdotique.

Pete Best, c’était la belle gueule du groupe en ce temps là, au point qu’il faisait de l’ombre aux fameux Lennon et McCartney qui ne portaient pas encore de costumes cravate et de coupes de cheveux au bol… A l’époque, les Beatles étaient encore cinq blousons noirs issus de la classe ouvrière de Liverpool (Stuart Stutcliffe tenait encore la basse), à peine majeurs, qui écumaient les clubs de Hambourg à la recherche d’expériences diverses et de cohésion ! Alors voir Pete Best sur scène réinterpréter quelques titres de la grande époque, celle qui a vu éclore le génie des quatre garçons dans le vent, ce n’est pas rien…

C’est d’ailleurs bien l’avis de The AfterBeat, cover band franco-britannique, à qui a été confiée la tâche de préparer la salle à la venue des deux grands oubliés de l’aventure Beatles… Pas question de bouder son plaisir et le groupe semble en prendre beaucoup en enchaînant une série de chansons toutes issues des premiers albums des Beatles, de « All my loving » à « It won’t be long » en passant par les éternels « She loves you », « I want to hold your hand » et bien sûr « Twist and Shout » ! Mêmes costumes, mêmes attitudes de scènes, mêmes vannes entre les morceaux et surtout même son puisque, en plus de jouer sur des amplis Vox identiques et sur des instruments analogues à leurs modèles, le John Lennon de service a le bon goût de livrer une performance vocale très similaire à l’original !

Lorsque Pete Best monte sur scène pour remplacer « Ringo », c’est l’histoire du rock n’ roll qui semble trainer dans son sillage… Accompagné des AfterBeat, il se chauffe les bras sur « Cry for a shadow » et « Ain’t she sweet », deux des titres originels enregistrés par les Beatles chez Polydor, et même si l’on sent un brin de fébrilité dans la frappe de « l’homme le plus malchanceux du monde », on ne peut s’empêcher de se projeter un demi siècle en arrière, dans un club hambourgeois bruyant et enfumé, où le plus grand groupe du monde fourbissait ses armes… Ce mec était là bon sang !

Arrive Tony Sheridan, doux vieillard évoquant plus Willie Nelson qu’Elvis, et la soirée prend une autre tournure… Cet homme, alors beaucoup plus populaire en Angleterre que les Beatles, avait donné leur chance aux futurs Fab Four et rien que pour cela, il mérite largement l’ovation qui salue son entrée en scène. Entre classiques de l’époque (« My Bonnie », « The Saints », « What’d I say », « Johnny B Goode ») et reprises des Beatles très inspirées (« Yesterday » dans une version semi-acoustique plus qu’émouvante et l’étonnant « Why don’t we do it in the road » enchainé à « Come Together »), il transforme un concert hommage en véritable jam session, prouvant que malgré l’âge, il en a encore sous le pied !

Ces musiciens, sans le savoir, ont aidé à écrire l’une des pages les plus importantes de l’histoire de la musique, qu’ils en soient remerciés, que dis-je, bénis jusqu’à la fin des temps ! Et la meilleure façon de le faire reste encore de les voir continuer à faire leur truc cinquante ans après, avec le même bonheur et la même envie… Chapeau bas messieurs.
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