The Vaccines - "What did you expect from The Vaccines?"

Par Scred | le 26/04/2011 | Les autres articles sur le Rock Indépendant

Sur Ordonnance
Voilà des petits gars qui ont tout compris… A l’heure où l’Angleterre ne cesse de chercher sa relève (même si, comparé à notre propre scène rock hexagonale, on peut se demander si nos amis britons ne seraient pas un tantinet difficiles !), à l’heure disais-je où chaque nouvelle étincelle de nouveauté enflamme le brasier des rock critics d’outre manche, The Vaccines semble avoir décidé de mettre tout le monde d’accord en piochant allègrement un peu partout, du moment que ce soit chez des gens de bonne compagnie. Et devinez quoi ? Ça marche.
The Vaccines - "What did you expect from The Vaccines?" The Vaccines aiment la bonne musique donc, c’est établi. Et pas que la musique anglaise, ce qui est un avantage certain sur bon nombre de leurs concurrents qui ne voient pas plus loin que Liverpool à l’ouest et Londres à l’est. On retrouve dans leur musique le fun irrépressible des Ramones (« Wreckin’ Bar (Ra ra ra) », « Post Break Up Sex »), les discordances chères aux Pixies (« A lack of understanding », « Break it up ») et dans le même temps l’énergie triste des mods (« Norgaard ») en plus de quelques réminiscences new wave hésitants entre sixties glamour et eighties fluorescentes (« All in white »).

On pense à plein de choses en écoutant cet album, la voix de Justin Young évoquant immédiatement quelques connaissances que l’on aurait pas imaginé dans ce genre de contexte… Imaginez un Morrissey optimiste (« Wolf Pack »), ou encore un Dave Gahan (Depeche Mode) juvénile qui aurait opté pour la formule guitare-basse-batterie en lieu et place de son sarcophage synthétique (et toc) du début des années 80 ! Comparaison somme toute artificielle puisque le style des Vaccines est aux antipodes de ces deux chanteurs, seul le timbre de la voix de Young et sa manière de ne jamais forcer pour trouver la justesse le rapprochant d’eux.

Au delà des similitudes que tout un chacun va chercher naturellement, il faut cependant préciser que la grande force de The Vaccines réside dans leur capacité à écrire de bonnes chansons, des petites choses n’excédant pas trois minutes avec un refrain qui donne envie d’y revenir et des mélodies agréables et (presque) pas entendues dix millions de fois. Si « If you wanna » peut sembler sacrément familier, son écoute répétée ne provoque jamais la lassitude, la mélancolie pluvieuse de « Wetsuit » est tout autant un régal pour l’oreille tout comme « Family Friend » qui termine l’album (avant un titre caché, douce rêverie au piano qui nous rappelle que cette pratique fût à la mode, il n’y a pas si longtemps).

En conclusion, avec son esthétique et sa musique coincée entre deux décennies, The Vaccines n’a rien d’une quelconque nouvelle vague made in England, mais joue plutôt bien son rôle de « sensation du moment ». Bonnes chansons, bons musiciens, belle pochette et bon titre d’album, on se contrefout éperdument de savoir s’ils en sortiront un second un jour puisque celui-ci est réussi et que l’on en demande pas plus. Au lieu de dépenser des millions en vaccins aux effets secondaires aléatoires, ce petit Vaccines là mériterait bien d’être remboursé par la sécurité sociale !
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