The Sonics à La Cigale - 27/05/11

Par Scred | le 28/05/2011 | Les autres articles sur le Rock

Psychos Potes
C’était un pari risqué que de se rendre à La Cigale ce vendredi soir… Affronter la légende, confronter la réalité avec ses fantasmes, ce n’est jamais complètement neutre. Ce soir en effet, The Sonics étaient en ville et avec eux, une petite partie de ce qui subsiste de l’âme du rock n’ roll, le reste étant conservé au chaud par Lemmy quelque part derrière une pile de conneries au fond du bordel sans nom de son appartement californien.
The Sonics à La Cigale - 27/05/11 Première surprise en arrivant sur place, je ne suis manifestement pas le seul à penser cela… Je m’attendais à une salle clairsemée, peuplée de tempes grisonnantes et de bananes rockab’, un petit mélange de nostalgie du début des sixties et d’anciens blousons noirs plusieurs fois parents depuis le temps de leur chevauchée sauvage et voilà que non seulement La Cigale est aussi pleine qu’une fourmilière mais que la moyenne d’âge frôle plutôt la trentaine !

La moyenne ai-je dit, car se mélangent dans la fosse autant de rockers vieillissants que de jeunes amateurs de rock garage à tendance énervée, une fosse sacrément remuante et ce dès le début du concert des Masonics qui ouvrent la bal et dont le rock n’ roll vintage à la frontière du psychobilly donne le ton de la soirée… On est là pour transpirer !

C’est donc une salle surchauffée qui accueille les héros du jour, cinq gentlemen aux cheveux argentés qui entament leur show bille en tête avec « Shot Down », un titre extrait de « Sonics Boom », un album datant tout de même de 1966 ! Et c’est parti pour une heure et demi de rock n’ roll en version originale, où les classiques immortels vont s’enchaîner (« Keep a Knockin’ », « Lucille », « Bad Boy », « Money ») côtoyant les titres mythiques des Sonics (« Cinderella », « Have love will travel », « Boss Hoss », « Don’t be afraid of the dark ») et les petites nouveautés qui passent admirablement le test du public (« Vampire Kiss », « Bad Attitude »).

The Sonics ne montrent aucun signe de fatigue pendant toute la durée du concert, Gerry Roslie s’éclate sur ses claviers pendant qu’Andy Parypa pousse ses hurlements légendaires tout en lutinant derrière sa basse, devant une foule déchainée qui multiplie les slams depuis la scène, une scène heureusement désertée par les videurs, grâce en soit rendue à l’équipe de La Cigale… C’en est même surprenant, tant on a l’habitude de voir chaque tentative de rigoler un peu se voir étouffée dans l’œuf dans ce genre de circonstance, et ça fait du bien !

Le groupe achève son set par ses grands classiques, « Psycho » et bien sûr « The Witch », précédé par le refrain intemporel de « Don’t you just know it », repris en chœur par un public aux anges, fier d’être là et de représenter le dernier carré des fidèles d’un rock n’ roll originel, pas encore pollué par les influences extérieures.

Plus qu’un voyage dans le temps, The Sonics nous ont donc offert l’espace d’une soirée le moyen de recharger nos batteries avec le feu sacré, une énergie puisée au cœur d’un rock binaire, sauvage et aussi simple à comprendre qu’un « whop bop a loom op a lop bop boom » ! Qu’ils en soient remerciés…
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