The Sheepdogs - "The Sheepdogs"

Par Scred | le 15/10/2012 | Les autres articles sur le Rock

Grateful Dog
A quoi reconnaît-on un bon disque ? Question qui alimente les réflexions des rock critics depuis qu’Elvis Presley a sorti son album éponyme… Je vais donc apporter ma pierre (qui roule) à l’édifice en énonçant une vérité simple : un bon album est un album qu’on a envie de réécouter. Point. Et comme « The Sheepdogs » est le premier disque que je pose sur ma platine chaque matin depuis une semaine, vous en déduisez quoi ?
The Sheepdogs - "The Sheepdogs" Deux facteurs nous permettent d’entrée de jeu de comprendre pourquoi les bonnes fées du rock se sont penchées sur le berceau du quatrième album studio de ce groupe canadien parfaitement inconnu sous nos latitudes. Tout d’abord, il succède à l’excellent « Learn And Burn » (2010), véritable bijou de rock californien à la mode Haight Ashbury, bercé d’influences telles que le Grateful Dead, Crosby, Stills, Nash & Young ou encore Faces, album indispensable s’il en est.

Ensuite, « The Sheepdogs » a fait l’objet d’une production un peu particulière puisqu’elle a été assurée par Patrick Carney et Austin Scaggs, mieux connus sous un nom qui fait frissonner le petit monde du rock depuis quelques années, The Black Keys. Et cela s’entend…

Outre une tonalité faussement crade, véritable marque de fabrique des Black Keys, le tandem américain a travaillé main dans la main avec leurs nouveaux protégés pour accoucher d’un album réussissant le pari de conserver toute l’authenticité vintage du son des Sheepdogs en y apportant une touche de modernisme dans les compositions comme dans l’approche du travail en studio.

Et le résultat est époustouflant. Quatorze titres, pas un seul à jeter à la poubelle, et quelques morceaux d’anthologie à commencer par « Laid Back » qui ouvre l’album en prenant l’auditeur par les sentiments. Un country blues avec guitares acérées histoire de mettre en confiance, on se laisse avoir sans réfléchir et on plonge dans un univers délicieusement cotonneux en tapant du pied au ralenti, un sourire un peu niais sur le visage…

Du coup l’enchaînement avec le très glitter « Feeling Good » se fait tout naturellement. Le pied accélère la cadence, préparation idéale pour encaisser le génial « Alright OK », petit chef d’œuvre de rock psychédélique où l’héritage de Jerry Garcia donne se fait ressentir plus que jamais. Deadhead un jour, Deadhead toujours ! « Never Gonna Get My Love » nous offre un petit crochet du côté des Beatles période LSD en toute simplicité avant de plonger dans le groove moite de « Ewan’s Blues », introduction idéale au single évident « The Way It Is » où l’influence des Black Keys dans le travail d’écriture s’exprime clairement .

On pourrait s’étendre ainsi sur chaque chanson, de la montée passionnante de « Is Your Dream Worth Dying For ?» à l’explosion rock n’ roll de « How Late, How Long » jusqu’à l’élégant « It Ain’t Easy To Go » qui clôt l’album sur une note aussi délicate que pertinente car, en effet, il n’est pas facile de quitter cette musique à la fois surprenante et pourtant familière…

Pour ça, une seule solution, remettre le disque de puis le début, CQFD, voici donc ce que l’on peut appeler un bon disque, et même un bon disque du mois !
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