The Sheepdogs - La Flèche d'Or - 16/04/2013

Par Peg | le 16/05/2013 | Les autres articles sur le Rock

Interstate n°10
Accompagnant l’avènement du printemps, des premières manches courtes et débardeurs, les plus sudistes des canadiens ont débarqué pour la première fois à Paris. Une date bookée dans une salle conviviale et intimiste, la Flèche d’Or, un endroit idéal pour initier un public venu par curiosité vérifier si le groupe pouvait prétendre au statut qu’insufflent les enregistrements studio, celui d’héritier des frères Allman.
Après une première partie remarquée au set ponctué des sursauts garage vitaminés, Melle Alquezar, lead vocaliste du groupe Parlor Snakes, absorbe totalement l’attention d’un public pourtant venu assister à un show d’un tout autre genre. Le groupe balade l’auditoire entre rythmes endiablés, sons dissonants et compositions solidement ficelées. Le quatuor n’en est manifestement pas à sa première démonstration de force, et pour cause il avait déja assuré la première partie du fameux Jim Jones Revue sur leur dernière tournée quelques mois auparavant, une belle vitrine pour ces franco-américains dont on suivra désormais volontiers l’évolution!

Les Sheepdogs débarquent enfin sur scène et surprennent par leur présence: timide mais détendue. Ces « Chiens de Berger » dont l’expression fait plus précisément référence aux Saint Bernard, êtres empathiques et protecteurs par essence ce qui en dit long sur leur potentiel humain, s’avèrent finalement plus ursidés que canidés en apparence, et de prime abord peu enclin à enflammer leur auditoire. Mais comme le dit un très juste dicton « …ne jamais se fier aux apparences ».

Le ton est donné immédiatement, le vintage est là, …bien là, et le contraste étonnant entre les deux formations se fait d’autant plus sentir. On ferme les yeux et on part sur les routes du Southern US. Rock n’Roll. De San Francisco ou on rend visite à Creedence Clearwater Revival, en passant par la Georgie ou l’on fait un crochet comme prévu pour un arrêt au stand, boire une bière avec les frères Allman (et le fantôme de Duane) en finissant son périple du coté de Jacksonville chez ces bons vieux vétérans toujours actifs que sont les Lynyrd Skynyrd. Le groupe enchaine des titres tels que « The Way It Is », « Feeling Good » ou encore « I Don’t Know », probablement les plus attendus d’ailleurs.

La température monte, le groupe s’enflamme à mesure que la setlist évolue, la foule s’entasse autour de la scène comme pour signifier son adhésion à la musique fédératrice des Sheepdogs, et exprime sa satisfaction de voir que le groupe tient ses promesses en livrant un set sincère et en total accord avec ce que les enregistrements studio pouvaient laisser espérer d’une prestation live. Les Sheepdogs fédèrent oui par le fil de la nostalgie, des années révolues auquel leur musique fait référence et qui nous touche. Qui-donc de nos jours peut il prétendre n’y avoir jamais été sensible, même une courte période, au Flower Power, aux sixties/seventies et à tout ce que les acteurs de cette époque ont permis de libérer pour la suite ? Car Sex,Drugs n'Rock n Roll n’a pas été le seul fer de lance d’alors, c’est même plutôt la nouvelle ère, la renaissance, la liberté que cette musique évoque et à laquelle elle a grandement contribué… Nous en somme d'ailleurs désormais les heureux héritiers !

Et pour reprendre une locution emblématique, reprise entre autre pour titrer le dernier LP du groupe Rainbow avec Sir Dio au chant en 1978….« Long live Rock n’Roll » ! Et plus encore…


Photos
© P.Cremin - www.blackstage-photography.com
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