The Sheepdogs - Batofar - 26/07/2016

Par Scred | le 28/07/2016 | Les autres articles sur le Rock

Au Poil
Oh ma tête… La vie d’un journaliste n’est pas simple parfois. Le lendemain surtout. Spécialement lorsque l’on passe la soirée en compagnie de l’un des secrets les mieux gardés du rock n’ roll contemporain, j’ai nommé les Sheepdogs ! Comment ? Vous n’avez jamais entendu parler de ce gang canadien ? Petite séance de rattrapage dès que j’aurai réussi à mettre la main sur un tube d’aspirine.
The Sheepdogs - Batofar - 26/07/2016 Forts de cinq albums dont l’indispensable « The Sheepdogs » (2012) produit par Patrick Carney (le batteur des Black Keys), par ailleurs chroniqué quelque part dans ces pages et le petit dernier « Future Nostalgia » (2015), le groupe emmené par Ewan Currie a tout pour te plaire, toi qui aime le rock à l’ancienne, les harmonies vocales de Crosby, Stills, Nash and Young ou les riffs des Allman Brothers. C’est bien simple, lorsqu’on leur demande de définir leur style, les mecs te répondent avec un sourire qu’ils jouent de la « bonne musique ».

De fait, le son des Sheepdogs est immédiatement reconnaissable et instantanément addictif. On aime ou on aime, point à la ligne. Et ce n’est pas que moi qui le dis ! Ils sont le premier groupe à avoir fait la couverture de Rolling Stone Magazine aux USA avant même d’avoir été signés par un quelconque label ! C’est le genre de truc qui vous pose une réputation.

Malheureusement pour eux, de ce côté-ci de l’Atlantique, le message n’est pas encore passé… Juste ce qu’il faut pour remplir la cale du Batofar, c’est une peu triste et en même temps, terriblement jouissif pour votre serviteur qui n’aime rien tant que de voir un bon groupe en concert dans une ambiance intimiste, en compagnie de connaisseurs qui savent pourquoi ils sont venus.

Et les Sheepdogs vont se faire un devoir de ne pas décevoir leur poignée de fans parisiens. Rejoints depuis peu par un nouveau guitariste, leur compatriote Jimmy Bowskill, déjà populaire au Canada de par sa jeune carrière en solo comme petit prodige du blues, le groupe apparaît plus soudé que jamais, complices et heureux d’être là. Shamus Currie, le petit frère du chanteur, a désormais une place fixe derrière les claviers et son petit numéro de trombone sur « Ewan’s Blues » n’est plus un gimmick. Quant à Ewan lui même, avec son côté pince sans rire assez proche de l’humour grinçant de l’ami Akerfeldt (Opeth), il mène sa barque avec l’assurance de celui qui sait qu’il navigue désormais dans la cour des grands.

La setlist de ce soir, raccourcie à cause des contraintes de la salle, fera la part belle aux titres de « Future Nostalgia », ce qui ne gâche rien au vu de la qualité de l’album, un album produit cette fois par Ewan Currie en personne qui nous confiera après le show avoir eu besoin de revenir à un son plus brut, une forme de simplicité que le travail de Carney sur le précédent disque avait un peu mise de côté. Des titres comme « Bad Lieutenant », « Downtown » ou encore le bien nommé « I’m Gonna Be Myself » en sont la parfaite illustration.

Mais c’est surtout sur les anciens titres que l’on pourra profiter des progrès effectués et de l’évolution du groupe… « The Way It Is » apparaît plus dépouillé et plus direct, « Feeling Good » gagne en efficacité ce qu’il perd en effets spéciaux et que dire du génial « I Don’t Know », probablement l’un des meilleurs singles rock des dix dernières années ? Terminant leur set sur une reprise du « Whipping Post » des Allman Brothers, les Sheepdogs auront tenu toutes leurs promesses et même au delà.

Et ce malgré une sévère gueule de bois héritée d’une soirée bien arrosée à Lyon la veille au soir, confidence de Shamus après le concert qui ne se fait pourtant pas prier pour en partager quelques unes avec nous ! Parce que malgré leur talent indéniable, les Sheepdogs ne se prennent pas pour des stars. Ce qui ne les empêchera cependant pas d’en devenir, je n’en doute pas une seconde.
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.