The Rolling Stones - "Sticky Fingers" Remastered

Par Scred | le 15/09/2009 | Les autres articles sur le Rock

Hot Pants
Et de deux ! A la différence des Beatles qui auront droit à la première remasterisation de leurs ?oeuvres complètes en CD à la rentrée de septembre, c'est la seconde fois que les Rolling Stones s'amusent à tripoter leur catalogue afin d'en restaurer la qualité originale (ou de revendre le même disque pour la troisième fois aux fans, au choix).
The Rolling Stones - "Sticky Fingers" Remastered Cette fois-ci, la chose se présentera sous la forme d'un coffret très sobre frappé du sigle légendaire sur fond noir, dont les cinq premiers albums ont fait leur apparition dans les bacs le mois dernier. La pièce la plus intéressante de cette première salve est sans contestation possible le fameux " Sticky Fingers " de 1971, à la pochette signée Andy Warhol représentant une braguette qu'il était possible d'ouvrir sur la première réédition en CD des années 90.

Petit rappel historique. En cette année 1971, les Rolling Stones sortent d'un bad trip qui en aurait enterré plus d'un... Deux ans après la mort de Brian Jones et la tragédie d'Altamont, le groupe était au fond du trou. L'arrivée d'un nouveau guitariste, Mick Taylor (transfuge des Bluesbreakers), fera office d'électrochoc.

Les Stones, de plus en plus enfermés dans les babacooleries de la fin des années 60 sous l'impulsion de Brian Jones, vont recentrer le débat autour de leur musique de prédilection, celle qui les fit exploser au début des sixties, le blues. " Sticky Fingers ", puis " Exile on Main St. " formeront le diptyque magique qui les fera passer du statut de superstars à celui de légende éternelle.

Plus de trente cinq ans après sa sortie, on éprouve toujours le même plaisir à poser cet album sur la platine et à l'écouter de bout en bout sans passer une seule chanson. C'est bien simple, tout y est parfait ! " Brown Sugar " fait danser la planète sur des paroles extrêmement tendancieuses et enchaîne avec un " Sway " aérien où Mick Jagger pose l'un des meilleures partie vocale de toute sa carrière.

Déjà en état d'apesanteur, on se prend un " Wild Horses " à l'émotion intacte après environ un million d'écoutes, émotion dynamitée par " Can you hear me knocking ", parenthèse funky au riff assassin. Pas une seconde pour reprendre son souffle sur ce disque, tant les Stones font étalage de leurs possibilités avec une facilité déconcertante.

Du blues qui sent encore la boue des bords du Mississippi (" You gotta move ", " I got the Blues "), du rock pré-Zeppelinien qui arrache le papier peint des murs (" Bitch "), de la country alternative qui sera plus tard baptisée " americana " (" Dead Flowers "), une sacrée performance de la part d'un groupe anglais soit dit en passant, et puis le petit quelque chose qui fait toute la différence, l'éclair de génie qui change tout, le duo " Sister Morphine/Monnlight Mile ", deux chansons absolument inclassables.

La première décrivant la souffrance de la dope comme aucun autre morceau n'a jamais su le faire, à part peut être le " Heroin " du Velvet Underground, avec un travail de slide aussi malsain qu'enivrant signé Mick Taylor et la participation à l'écriture d'une certaine Marianne Faithfull, et le second nous emmenant dans des territoires encore peu explorés par les Rolling Stones, à savoir leur intimité.

Mick Jagger se livre complètement sur un air de ballade japonisant, parlant de la vie sur la route, se laissant aller à crier sa douleur comme jamais (à 4'03'' sur la chanson, brrr, frissons garantis). C'est sur une note de violon que se termine cet album incontournable qui n'a pas pris une ride depuis sa sortie, et pour cause, il reste une source d'inspiration pour 90% des groupes de rock actuels. Alors le voir ressortir aujourd'hui et imaginer le nombre de jeunes auditeurs qui ne l'ont pas encore avoir la chance de le redécouvrir avec un son restauré, histoire d'en prendre encore plus plein les oreilles, c'est juste du bonheur...

Et même les vieux fans d'ailleurs, pourquoi pas ? Un disque pareil, on peut bien l'avoir en trois exemplaires ! Un à la maison, un dans la voiture et un dans son sac à dos, histoire d'être paré à toute éventualité !

Et d'en avoir dans le pantalon...
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