The Rolling Stones – “Ladies and Gentlemen...the Rolling Stones!”

Par Scred | le 21/10/2010 | Les autres articles sur le Rock

Exile on Main Stage
A quoi reconnait-on un jeune? J’ai une meilleure question encore, comment sait-on que l’on en est plus un… Prenons un exemple, qu’est-ce qui fait courir les filles aujourd’hui, mmh ? Quelques rappeurs abrutis déguisés en sapin de Noël, deux ou trois bellâtres aux voix insipides et une flopée de gamins tellement lisses qu’ils en deviennent glissants, comme ce Justin Bieber à peine sorti du collège. Vous voyez où je veux en venir ? Je ne suis plus un jeune.
The Rolling Stones – “Ladies and Gentlemen...the Rolling Stones!” Et ça fait un bail. Déjà adolescent, vers la fin des années 80, les idoles de mon époque me laissaient de marbre. Qui a envie de ressembler à Glenn Medeiros ? Si seulement j’avais eu 16 ans en 1972… Alors là pardon, il y avait du matos ! J’aurai eu les cheveux longs, des pantalons interminables et des boots made in London, bref, j’aurai ressemblé à un Rolling Stone.

Je prends conscience de tout ça comme une évidence en découvrant ce film, « Ladies and Gentlemen…the Rolling Stones », un document incroyable qui nous offre la possibilité d’assister à l’un des moments les plus forts en terme de qualité de toute l’histoire du rock n’ roll, un concert des Rolling Stones au sommet de leur carrière pendant la tournée qui suivit la sortie de leur plus grand album, « Exile on Main St ».

Dès le titre d’ouverture (« Brown Sugar »), il n’y a pas de doute possible. Le groupe qui monte sur scène écrit sa légende et en est pleinement conscient. Filmés avec peu de caméras et un dépouillement propre aux captations de concerts de l’époque, les Rolling Stones crèvent l’écran grâce à une superbe restauration des bandes originales. Qu’ils se montrent sauvages (« Bitch »), inquiétants (« Gimme Shelter ») ou qu’ils s’amusent comme des étudiants (« Happy », « Tumbling Dice »), il se dégage de leur musique une énergie bestiale et un charisme éblouissant…

De plus, les Stones de 1972 comptent encore dans leurs rangs le meilleur guitariste ayant jamais joué avec eux, le fameux Mick Taylor qui sera bientôt remplacé par le sympathique mais nettement moins bon Ronnie Wood. Nous n’en sommes cependant pas encore là et pendant cette tournée américaine (le concert est en fait une compilation d’extraits de quatre shows enregistrés au Texas), le tandem formé par Taylor et sa Les Paul est au top de sa forme, en témoignent les solos millimétrés de « Love in Vain » ou de « Dead Flowers » qui surclassent presque leurs version studio, c’est dire !

Parlons un peu de la setlist tant que nous y sommes. On y retrouve quelques autres morceaux de bravoure extraits d’ « Exile… » tels que « All down the line », « Sweet Virginia » et le remuant « Rip this joint » enchainé au « Bye bye Johnny » de Chuck Berry, mélangés aux grands standards du groupe que sont « Jumpin’ Jack Flash », « Midnight Rambler » ou encore « You can’t always get what you want ». Que du bon donc, impeccablement interprété par un duo Jagger-Richards affichant une complicité évidente dès qu’il s’agit de partager le micro et de se renvoyer la balle à coup d’œillades suggestives !

Les Rolling Stones finissent leur set par un titre qui résonne aujourd’hui avec encore plus de force, le très revendicatif « Street Fighting Man », une chanson qui parle directement à la jeunesse que nous évoquions plus haut. Si seulement les mômes qui manifestent dans les rues aujourd’hui pouvaient avoir en tête les paroles de Mick Jagger, «Hey ! Think the time is right for a palace revolution », je suis bien certain que personne n’oserait plus leur reprocher de ne pas savoir pourquoi ils défilent…

Mais je me garderai bien de faire le moindre commentaire là-dessus, car voyez-vous, je ne suis plus un jeune vous vous souvenez ? Oh et puis zut après tout, c’est dans la tête tout ça, “I’ll shout and scream, I’ll kill the King, I’ll rail at all his servants!” Et ben voilà, ça va mieux tout d’un coup!
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