The Rolling Stones - "Exile on main street" (Special Edition 2010)

Par Scred | le 18/05/2010 | Les autres articles sur le Rock

Pierres Philosophales
"Exile on main street" est un petit miracle… Mick Jagger lui-même avoue ne pas très bien se souvenir de l’enregistrement de certains morceaux, tellement l’ambiance qui régnait à la villa Nellcote pendant cet été 1971 tenait plus de l’orgie romaine que du travail de studio !
The Rolling Stones - "Exile on main street" (Special Edition 2010) Sex, drugs & rock n’ roll, tel est le mantra popularisé par “Exile…” dès sa sortie, enfonçant le clou déjà planté par « Sticky Fingers » un an plus tôt et enterrant officiellement d’autres slogans comme « Peace and love » ou encore « Make love, not war ».

D’amour ici, il n’est plus question ou si peu. Lorsque la voix venimeuse de Jagger en parle désormais, c’est le vice qui s’exprime ! Les drogues ne servent plus à ouvrir l’esprit mais à le protéger des horreurs du quotidiens, quant au rock n’ roll il amorce un virage sombre qui le conduira très vite à un autre cri du cœur, « No Future » !

« Exile on main St. » premier album punk de l’histoire ? Et pourquoi pas !

Il marque en tous cas l’apogée de la carrière des Rolling Stones, qui se permettent en 18 titres de montrer aux américains comment on fait pour jouer leur propre musique mieux qu’eux ! Blues, country, gospel, rock n’ roll, tout y passe dans un joyeux bordel au parfum de chef d’œuvre…

18 titres ai-je dit ? Fume !

Les Stones avaient matière à sortir un triple album comme en témoignent les nombreux bootlegs datant de cette époque, rendus aujourd’hui obsolètes au grand dam des collectionneurs acharnés par la sortie de la très attendue réédition de ce monument du rock n’ roll !

C’est un peu comme si on nous annonçait qu’il existait deux faces supplémentaires au « Sgt. Pepper’s lonely heart club band » des Beatles ou au « Blonde on blonde » de Bob Dylan pour vous donner une idée du séisme qui se prépare… Et de fait, les murs tremblent pourvu qu’on pousse un peu le volume en écoutant le très funky « Pass the wine », le blues langoureux d’« I’m not Signifying » ou les envolées country-rock de « Plundered my soul » ou « Dancing in the light ».

Et que dire de l’inquiétant « So Divine (Aladdin story) » avec son riff emprunté à « Paint it black » ? Magique, tout simplement, tout comme les prises alternatives des vieilles connaissances que sont « Loving Cup », « Soul Survivor » et « Good time woman », ce dernier titre étant une version primitive de « Tumbling Dice ».

Un mot tout de même sur la remasterisation de l’album original qui tient toutes ses promesses, avec des guitares plus brillantes que jamais mettant en relief le travail incroyable de Mick Taylor et une batterie agressive et sèche rendant hommage au jeu de Charlie « métronome » Watts. Quant à la voix de Mick Jagger, elle s’insinue dans vos oreilles tantôt miaulante, tantôt violente et emporte avec elle un parfum de souffre et de sueur caractéristique de ce disque, tout simplement le meilleur album du meilleur groupe de rock du monde au moment de son enregistrement.

Album du mois (du siècle ?) sans se poser de question, le cadeau idéal pour tous ceux qui pensent que The Rolling Stones se limitent à « Satisfaction » et « Start me up » ! « Exile on main St. » est une porte ouverte vers un monde plus sombre certes mais beaucoup plus excitant et avec cette nouvelle édition, d’un monde encore plus vaste.
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