The Parlor Mob - "Dogs"

Par Scred | le 13/01/2012 | Les autres articles sur le Rock

Chenil
Vous avez déjà mis les pieds dans un chenil ? Des cages alignées les unes à côté des autres proposent le triste spectacle de dizaines de chiens de toutes races enfermés dans l’attente d’une adoption ou, dans le pire des cas, d’une piqure de vaccin contre la vie… Pas très réjouissant comme image vous en conviendrez, et pourtant c’est celle qui s’imprime très clairement dans mon esprit à l’écoute de « Dogs », le nouvel album de The Parlor Mob. En même temps, ils n’avaient qu’à pas l’appeler comme ça…
The Parlor Mob - "Dogs" Peut être est-ce aussi parce que « And You Were A Crow » (2009) nous avait collé au mur lors de sa sortie. Premier album parfait, à la fois brut de décoffrage et extrêmement raffiné dans sa tentative de ressusciter le mythe Led Zeppelin, cet album avait fait de The Parlor Mob l’un de nos espoirs les plus prometteurs au sein de la nouvelle vague de revival hard rock qui commençait à pointer le bout de son nez, en compagnie de formations comme Airbourne ou The Answer.

La première alerte avait été donnée par le concert du groupe au Nouveau Casino quelques mois après la sortie du chef d’œuvre… Un son plat, une énergie inexistante et un charisme resté dans l’avion, nous avions assisté à une performance digne d’un groupe de lycéens, ce qui en soi n’a rien de péjoratif, sauf quand la fougue de la jeunesse laisse place à un certain amateurisme. Pourtant, en apparence tout allait bien, les mecs jouaient correctement, les morceaux étaient bien les mêmes que sur le disque, c’est le mojo qui manquait à l’appel…

Resté sur une impression plus que mitigée, c’est donc avec circonspection que je pose « Dogs » sur ma platine, légèrement échaudé par le message laissé par le groupe sur son site officiel, annonçant le départ de leur bassiste pour cause de divergences musicales mais on reste potes, tout ça. Divergences musicales… Cela peut vouloir dire tout et son contraire ! En fait, il semblerait bien que Nick Villapiano n’ait pas goûté la nouvelle direction artistique choisie par The Parlor Mob. Probablement écrasé par la comparaison avec le dirigeable, le groupe a en effet changé son fusil d’épaule et donne l’impression de ne pas savoir comme le tenir.

Cependant « Dogs » n’est pas un mauvais album, loin de là ! On y retrouve tout de même quelques bribes du son qui nous avait fait vibrer sur « …Crow » avec des titres comme « Fall Back » avec son riff plombé à souhait, « Take What’s Mine » qui tente avec succès d’établir un pont entre le bon vieux hard seventies et la nouvelle génération emmenée par Jack White ou encore « Slip Through my Hands », superbe balade acoustique où la voix de Mark Melicia fait merveille.

C’est le reste qui pêche un peu par son manque de cohésion. Comme dans un chenil rempli de chiens aussi différents d’apparence que de caractère, « Dogs » nous propose des morceaux piochant dans tous les azimuts, évoquant tour à tour des influences aussi disparates que Muse (« I Want to See You », « Cross Our Hearts »), les StrokesAmerican Dream ») ou même Arctic Monkeys (« American Dream »), tous des groupes fort respectables (et même plus que ça pour les Monkeys) mais qui éloignent The Parlor Mob de ce hard rock seventies que l’on appréciait tant chez eux pour les fondre dans la masse des groupes « actuels » !

Après, des chansons comme « Practice In Patience », « How It’s going to be » ou le premier single extrait de l’album « Into The Sun » sont tout sauf ratées et tout un chacun y trouvera son bonheur car comme à son habitude, le groupe interprète impeccablement sa partition, rien à dire, c’est carré. Comme une cage.
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