The Kills en concert à la Flèche d'Or - 22/03/11

Par Scred | le 23/03/2011 | Les autres articles sur le Rock Indépendant

Haute Tension
The Kills et la France ont un rapport très particulier… Il n’y a qu’à regarder la section presse de leur site officiel pour s’en convaincre, la plupart des couvertures qui leur sont consacrées viennent de chez nous. Alison Mosshart et Jamie Hince nous aiment et nous le leur rendons bien ! En guise de remerciement et en prélude à leur prochain concert au Bataclan le 6 avril prochain, The Kills investissaient donc la Flèche d’Or hier soir afin de présenter leur nouvel album « Blood Pressures » à un public conquis d’avance.
The Kills en concert à la Flèche d'Or - 22/03/11 De l’album, je ne dirais rien ou pas grand chose puisqu’il fera l’objet d’une critique dithyrambique la semaine prochaine, qu’il me suffise de dire qu’il s’agit probablement du meilleur jamais enregistré par le tandem depuis le génial « Keep on your mean side ». Rien que ça !

The Kills sur scène correspondent assez bien à l’image qu’on peut s’en faire en écoutant leurs disques. Minimalistes et sauvages. Jamie Hince alias Hotel gère la partie instrumentale guitare en main et effets au pied, déclenchant les samples de rythmes et d’effets divers tout en maltraitant sa six cordes pour en sortir des sons torturés, aussi crades que sa coupe de cheveux pendant qu’Alison « VV » Mosshart monopolise l’attention derrière le micro, vampirisant le public par son charisme à la limite du supportable, dans le bon sens du terme.

Possédée par sa musique, elle s’accroche au micro dans une parfaite évocation d’un Jim Morrison au féminin, à la fois sensuelle et violente, le visage caché derrière ses longs cheveux comme si la scène n’était qu’un immense lit où elle s’abandonnerait pendant l’amour qu’elle fait avec chacun des spectateurs, hommes ou femmes, qui la regardent comme hypnotisés. Cette fille a du chien, du chat et toute la ménagerie !

The Kills ouvrent leur concert par trois titres tiré de leur nouvel opus, « Future starts now », le single « Satellite » et « Heart is a beating drum » avant de partir sur quelques titres plus familiers du public, « No Wow » et le très Velvetien « Kissy Kissy » qui font monter la tension d’un cran. Le son est brut, sans fioritures, du rock n’ roll flirtant toujours avec la ligne jaune qui sépare la perfection du « work in progress », le studio du garage…

Suivent d’autres nouveaux titres, « DNA », l’imparable « Baby Says » et le sublime « The Last Goodbye » qui voit Jamie Hince passer derrière le Mellotron pendant qu’Alison Mossart prend le devant de la scène et surprend avec une voix grave qu’on ne lui connaissait pas, transportant la foule vers un état de grâce hébété à peine dissipé par les énergiques « You don’t own the road » (Oh yeah !) et « Pots and Pans », derniers extraits de « Blood Pressures » avant le rappel qui sera composé de « Fried my little brains » et « Sour Cherry », deux titres fétiches du public qui semble enfin se réveiller après une heure de spectacle.

Mais il faut comprendre, The Kills en concert peut avoir tendance à provoquer un certain état de transe mystique et emmener le spectateur dans un endroit étrange et pourtant accueillant où il regarde ce qui se passe sur scène avec son âme plutôt qu’avec ses tripes… C’était probablement le cas hier soir à la Flèche d’Or, où le duo a livré une prestation étourdissante à la mesure de l’amour que nous leur portons… Vivement le Bataclan !
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