The Killers - "Battle Born"

Par Scred | le 11/09/2012 | Les autres articles sur le Rock

Tueurs en série
Quatrième album studio pour The Killers, « Battle Born » confirme la nette tendance du groupe de Las Vegas à marcher sur les traces des grands anciens estampillés 80’s, U2 en tête de liste. Déjà machine à tubes confirmée, The Killers enfonce donc le clou sans le moindre complexe et signe ici ce que l’on pourrait considérer comme la définition d’un album pop post apocalyptique.
The Killers - "Battle Born" La recette de The Killers reste la même, un rock léger et cependant beaucoup moins sucré que l’on pourrait croire après une première écoute distraite, habillé d’une touche électronique discrète mais de bon goût, le tout emmené par la voix aérienne d’un Brandon Flowers cherchant à faire le lien entre un Bono première époque pour le timbre et un Chris Martin mal réveillé après une méchante biture.

Le résultat de cette alchimie saute aux oreilles, des mélodies évidentes, à la fois complexes et immédiatement accessibles (« Deadlines And Commitments »), des singles en série (« Runaways », « Here With Me », « Flesh And Bones »), quelques redites certes tel le très agréable « Miss Atomic Bomb » qui aurait eu sa place sur l’excellent « Sam’s Town » mais dans l’ensemble, un travail soigné qui force le respect à une époque où le rock dit « populaire » à tendance à se regarder un peu trop le nombril.

Ici, pas de prise de tête, les guitares sont franches et sincères, faisant abstraction du moindre solo pour se concentrer sur l’essentiel, la chanson et rien d’autre (« The Way It Was », « The Rising Tide »), se faisant même oublier en de rares occasions, mettant d’autant mieux en valeur l’interprétation d’un Brandon Flowers décidément très inspiré (« Heart Of A Girl »).

Parlons enfin de la construction de « Battle Born », une petite chose qui n’a l’air de rien mais qui fait toute la différence entre une compilation de titres et un véritable album, entre une suite de morceaux désincarnés et une véritable histoire qui se raconte au fur et à mesure… « A Day In The Life » n’aurait jamais eu le même impact coincée entre « With A Little Help From My Friends » et « Lucy In The Sky With Diamonds » pas vrai ?

Du coup, choisir de clore leur album par « Be Still », une ballade springsteenienne en diable, histoire d’endormir la méfiance de l’auditeur avant de lui balancer « Battle Born » entre les feuilles, hit de stade en puissance, démontre la grande intelligence de nos tueurs en série.

Car c’est bien là que réside la principale qualité du nouvel album de The Killers, on oublie de s’ennuyer à l’écoute de ces douze titres, qualité qui se fait rare de nos jours. Jackpot !

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