The Head Cat - "Walk the walk... Talk the talk"

Par Scred | le 23/07/2011 | Les autres articles sur le Rock

Rock-a-Lemmy
On le sait peu, et aussi surprenant que cela puisse paraître, Lemmy Kilmister, artilleur en chef du groupe le plus bruyant de la planète (Motörhead pour ceux qui débarquent d’une autre planète) n’écoute pas de heavy-metal lorsqu’il rentre chez lui après avoir fait saigner les tympans de son public ! Non. Ce que Lemmy aime par dessus tout, c’est le bon vieux rock n’ roll des années 50…
The Head Cat - "Walk the walk... Talk the talk" Et d’ailleurs, si vous aviez l’occasion de lui poser la question, il vous répondrait que Motörhead n’est pas un groupe de hard rock, c’est juste du rock, point à la ligne ! Un poil dopé aux amphétamines, certes, mais c’est dû à la personnalité du bonhomme. Il faut également conserver une chose à l’esprit, Lemmy est né en 1945 et selon ses propres termes, il se souvient encore du temps où le rock n’ roll n’existait pas encore…

C’est donc tout naturellement que pendant ses (rares) moments de loisirs, lorsqu’il ne s’amuse pas à tirer des obus avec un tank ou qu’il ne lutine pas une quelconque blondinette made in L.A., notre moustachu n’aime rien tant qu’invoquer ses idoles, les Eddie Cochran, Chuck Berry, Buddy Holly et autres Elvis Presley avec son groupe de reprises, The Head Cat, formé avec ses potes Slim Jim Phantom (The Stray Cats) et Danny B Harvey (Rockcats) et, oh joie, voici que débarque aujourd’hui le deuxième album officiel du trio !

Au programme, douze titres de pur rock n’ roll piochés parmi les meilleurs du genre, tout en évitant soigneusement les tartes à la crème, préférant « Let it rock » à « Johnny B Goode », « Somethin’ Else » à « C’mon Everybody » ou encore « Trying to get to you » à « That’s all right », faisant ainsi preuve non seulement d’un goût certain mais aussi d’une réelle volonté pédagogique en dépoussiérant ces chansons qui, décidément, n’arrivent pas à vieillir et qui peuvent encore servir à faire taper du pied les jeunes générations…

En ce qui concerne le son, on est immédiatement surpris par la voix de Lemmy, tantôt incroyablement douce (tout est relatif) sur des titres comme « I ain’t never » ou le sublime blues « The Eagles flies on Friday » et aussi rugueuse que l’on peut l’attendre sur des morceaux comme « American Beat » ou la reprise incendiaire du légendaire « Crossroads » de Robert Johnson qui, passé à la moulinette du patron de Motörhead, récupère les couleurs infernales qui furent siennes au moment de sa création originale. Le reste est au diapason, un rockabilly classique trempé de saturation massive, le tout soutenu par la rythmique inimitable du batteur des Stray Cats qui s’y connaît en matière de coups de griffe…

Mentionnons enfin le petit clin d’œil aux Fab Four que sont « Bad Boy », un titre de Larry Williams que reprenaient les Beatles à leurs débuts et surtout « You can’t do that », morceau génial et grinçant signé John Lennon, qui nous rappellent que le groupe de Liverpool reste l’influence majeure de Lemmy Kilmister, si, je vous assure ! Il n’y a qu’à se souvenir de la scène d’ouverture du film qui lui fût consacré il y a peu de temps où on le voyait errer dans les rayons d’une grande surface afin de mettre la main sur le coffret « Mono » des Beatles pour s’en convaincre.

La boucle est donc bouclée, The Head Cat rend à César ce que les membres du groupe lui ont piqué pendant des années, pour la bonne cause et notre plus grand plaisir ! Il reste à espérer que ces chats de gouttière viendront miauler autre part qu’à Los Angeles parce qu’un album c’est bien, mais voir toute la ménagerie en concert, cela doit être encore mieux ! Aucune chance d’être allergique en tous cas.
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