The Four Horsemen au Nouveau Casino - 7/05/11

Par Scred | le 08/05/2011 | Les autres articles sur le Métal

Parce qu'ils les valent bien
J’étais assez sceptique quant à l’intérêt d’aller voir un « Tribute Band » en concert jusqu’à ce que je découvre The Four Horsemen il y a quelques années à l’Espace B, une salle de concert minuscule coincée dans l’arrière boutique d’un restaurant de quartier du XIXème arrondissement de Paris. Les mecs avaient foutu un feu d’enfer pour la petite centaine de spectateurs présents et j’étais rentré chez moi avec un torticolis premier choix, une extinction de voix et quelques litres de sueur en moins…
The Four Horsemen au Nouveau Casino - 7/05/11 Rappelons brièvement le principe du Tribute Band, ou « groupe de reprises » dans la langue de Molière et de Bernie Bonvoisin… Il s’agit d’une formation composée de fans ultimes d’un groupe en particulier, Metallica dans le cas qui nous occupe aujourd’hui, donnant des concerts de reprises pour le plus grand bonheur d’autres fans qui n’ont malheureusement pas l’occasion de voir leurs idoles sur scène régulièrement.

Bien souvent, il s’agit d’ersatz sympathiques et bon enfant des groupes en question mais de temps en temps, on tombe sur des mecs talentueux, à la technique et à l’attitude en tous points conformes aux modèles originaux, qui permettent au public de passer un vrai beau moment d’éclate totale sans sacrifier à la qualité de la musique, donnant même le sentiment aux spectateurs d’être en présence des « vrais ».

J’aurai adoré vous dire que Riff Raff, le groupe de reprises d’AC/DC qui ouvrait la soirée faisait partie de cette catégorie mais voilà, la bière, quelques amis et la bière ont fait qu’au moment où nous sommes finalement entré dans la salle, les mecs achevaient leur concert sur le solo fracassant de « Let There Be Rock »… Oups, tant pis, la prochaine fois peut-être.

A peine le temps d’aller chopper des munitions au bar et voilà que résonne déjà l’éternelle intro annonçant l’arrivée sur scène des quatre cavaliers de l’apocalypse, « The Ecstasy of Gold »… Premier avantage de ce genre de concert, on ne poireaute pas une heure entre chaque groupe, ces messieurs ont autre chose en tête que de faire monter la pression, on est là pour prendre notre pied pas vrai ? Dont acte.

« Blackened » ouvre les hostilités et je retrouve The Four Horsemen comme dans mes souvenirs, énervés, à fond, et presque plus carrés que Metallica eux-mêmes ! Ne comptez pas sur Ludovic pour faire des pains dans ses solos si vous voyez ce que je veux dire… C’est d’ailleurs ce qui donne au spectacle tout son intérêt, nous sommes en présence d’un groupe qui maîtrise son sujet à la pointe du médiator et qui nous donne le sentiment d’assister au genre de concert que devrait toujours donner Metallica, dans des salles de taille réduite, avec une technique parfaite et une vraie envie de partager leur amour pour ces chansons que l’on écoute depuis trente ans maintenant.

En parlant de chansons, et c’est le second avantage d’avoir affaire à de vrais fans, The Four Horsemen nous ont offert une certaine idée de la setlist idéale avec des titres rares tels que « My friend of misery », « Holier than thou », « Damage Inc. » ou encore « Orion », sans oublier les classiques du groupe de la Bay Area piochés savamment dans toute leur discographie depuis « Kill em’ All » (« The Four Horsemen ») jusqu’à « Reload » (« Fuel ») en passant par "And Justice for All" ("Harvester of Sorrow", "One") et « Ride the Lightning » (« Fade To Black » ainsi qu’un « Creeping Death » tonitruant tout autant qu’émouvant puisque dédié à la mémoire du regretté député socialiste Patrick Roy et interprété en compagnie de Yann, le guitariste de Mass Hysteria qui passait par là).

Au final, on ressort de la salle heureux et épuisés, avec dans le cœur le sentiment d’avoir participé à un vrai concert de métal, comme chaque concert de ce genre devrait être, avec toute la fraternité et le plaisir partagé entre le public et les musiciens que cela suppose. Chapeau bas aux Four Horsemen donc, dignes fils illégitimes d’un groupe désormais trop énorme pour pouvoir offrir à ses fans le même degré de complicité et de proximité. Pour information, ils remettront ça en marge du Hellfest, pour ceux qui auront encore la force de headbanger après le festival… Gageons qu’ils seront nombreux !
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