The Dead Weather - "Sea of Cowards"

Par Scred | le 10/05/2010 | Les autres articles sur le Rock Indépendant | Soyez le 1er à réagir sur cet article
Lapin Blanc
Déjà ? À peine huit petits mois après le séisme « Horehound », The Dead Weather remet le couvert avec « Sea of Cowards », un nouvel album qui en dit long sur la fièvre créatrice qui bouillonne dans les cerveaux de Jack White et de ses bruyants acolytes.
The Dead Weather - "Sea of Cowards" Le groupe reprend d’ailleurs les choses à l’endroit précis où il les avait laissées l’an dernier, au cœur d’un univers étrange et distordu qui tient plus des fantasmagories d’un David Lynch que du rock n’ roll circus habituel. En onze titres, The Dead Weather étonne, dérange, électrise et laisse l’auditeur un peu sonné par la vitesse de l’attaque car « Sea of Cowards » atteint à peine les quarante minutes de musique !

Qu’importe, une chanson n’a pas besoin d’être longue pour être bonne, demandez aux Pixies ce qu’ils en pensent…

À grand renfort de basse saturée et d’orgue trafiqué comme si ce dernier était passé par l’alambic d’un bouilleur de cru peu scrupuleux, The Dead Weather aligne ses cartouches avec plus de cohésion que sur « Horehound ». En effet, « Sea of Cowards » brille par son unité et se vit comme une expérience homogène, une plongée au cœur du terrier du lapin White, un terrier qui ne comporterait qu’une seule galerie par opposition au joyeux bordel sonique du premier album.

Il faut avoir l’œil rivé sur le compteur pour déceler la transition entre « Blue blood blues » et « Hustle and cuss » ou entre « The difference between us » et l’angoissant « I’m mad » (traversé de larsens qui évoquent autant de sirènes d’alarmes signalant l’explosion imminente du cerveau d’Alison Mosshart).

Pas évident du coup d’isoler quelques titres phares sur cet album, tant les qualités individuelles de chacun des morceaux s’effacent au profit de l’ensemble… On peut s’arrêter un instant sur le très gothique à tendance disco « Die by the drop » (premier single extrait de l’album) pour se perdre immédiatement après dans les brumes d’un « I can’t hear you » hanté par des plaintes de guitares, cette même guitare qui poursuit son travail de possession maléfique sur « Gasoline » en venant prêter main forte à un orgue tout droit sorti d’une maquette préhistorique de Deep Purple.

C’est sans doute le plus grand attrait de The Dead Weather, cette manière de sonner vintage tout en pratiquant une musique résolument moderne et de ringardiser une bonne partie des petits copains tout en ayant l’air de faire son truc sans son coin sans se préoccuper du reste…

Ce qui est faux évidemment.

Jack White sait très bien ce qu’il fait et il le fait même de mieux en mieux, preuve en est cette « Sea of Cowards » dont parle le titre de l’album, et qui désigne peut-être la concurrence qui sue à grosses gouttes en découvrant cette musique sans équivalent à l’heure où j’écris ces lignes !

On les comprend…
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