The Dead Weather - "Dodge And Burn"

Par Scred | le 21/09/2015 | Les autres articles sur le Rock Indépendant

Avis de Tempête
Tiens donc, on avait presque oublié qu’ils existaient ceux là ! Cinq ans après leur double charge (« Horehound »/« Sea Of Cowards », tous deux chroniqués avec bonheur quelque part dans ces pages), The Dead Weather se rappelle à notre bon souvenir au moment où le paysage rock n’ roll mondial en avait le plus besoin, excellent timing les enfants.
The Dead Weather - "Dodge And Burn" Petit résumé des épisodes précédents pour ceux qui débarquent, The Dead Weather est un groupe hétéroclite composé de talents aussi divers que Jack White (The White Stripes) à la batterie, Allison Mosshart (The Kills) au chant et à la guitare, Jack Lawrence (The Raconteurs) à la basse et Dean Fertita (Queens Of The Stone Age) aux claviers et à la guitare, ces indications étant toutes relatives puisque chacun semble prendre un malin plaisir à changer de poste au gré de ses envies.

Ce qu’on appelle vulgairement un « super groupe » en somme, faute de mieux, expression tellement moche que j’ai honte de la reproduire ici, avec cette nuance cependant qu’il faut bien avouer que le superlatif colle parfaitement à nos bruyants quatre mousquetaires !

Car, c’est un fait, The Dead Weather produit de la sacrément bonne musique, un son tellement particulier que l’on se trouve bien en peine de lui trouver des comparaisons, ce qui est paradoxal puisqu’à l’écoute de ce « Dodge And Burn », l’oreille est attirée par une foule de petites choses familières, un son de guitare tout droit sorti d’un club londonien ambiance « Nuggets », un orgue rampant aux relents de pourpre profond, une basse vrombissante propre à exciter une certaine jeunesse sonique, des détails quoi…

Inclassable donc, si ce n’est sur l’étagère des trucs à écouter absolument, le genre de galette que l’on remet sur la platine encore et encore au point d’oublier qu’on avait des choses à faire là, juste avant, c’était quoi déjà ? On s’en fout, reprend donc un petit « I Feel Love (Every Million Miles) » (rien que le titre fait mal), rien qu’un gimmick de guitare tout simple, une basse cavalant sur une seule note et roule (c’est le cas de le dire) en compagnie de la voix d’Allison.

Allison Mosshart, parlons-en. La mante religieuse défroquée en chef. Plus venimeuse, plus dangereuse, plus sensuellement explicite lyrique tu meurs, d’une crise de priapisme au minimum. Quand la parole transperce le mur du son pour plonger son regard sombre dans les tréfonds de l’âme (de rasoir) de l’auditeur, « Buzzkill(er) », un point c’est tout.

Et puis il y a les pépites maison, du genre de ce « Three Dollar Hat », sorte de hip-hop live où le fantôme des Beastie Boys s’amuse à foutre les jetons à Captain Beefheart sous la baguette de Jack White soi-même, « Lose That Right » et son riff cathédrale noyé d’un reverb malsaine, l’inquiétant « Open Up » ouvrant la voie à une face B plus énervée, culminant avec l’incroyable et Melvinien « Cop And Go » et le lancinant « Too Bad », révélation tardive qui n’en est pas une.

Enfin, alors que l’auditeur noyé de sueur se dit qu’il a tout entendu, « Impossible Winner ». Quatre minutes de classicisme ultime, sorties de nulle part, en complète rupture avec le bruit et la fureur qui présidaient au reste de l’album, le générique de fin parfait, rideau, merci m’sieurs dames, vérifiez que vous n’avez rien oublié sous vos sièges !

Cinq ans à attendre, finalement, c’est passé assez vite et surtout, cela valait le coude sous lequel The Dead Weather en a encore, n’en doutons pas.
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