The Civil Wars - "Barton Hollow"

Par Scred | le 10/02/2011 | Les autres articles sur le Folk

Folk the War
Qu’arrive-t-il lorsque l’insouciance et la légèreté californiennes rencontrent les traditions de l’Alabama, lorsque le Nord se réconcilie avec le Sud autour d’une guitare et d’un piano ? Un petit miracle country folk qui risque de faire beaucoup plus de bruit que le minimalisme de la musique du duo qui compose The Civil Wars pouvait le laisser présumer au départ.
The Civil Wars - "Barton Hollow" The Civil Wars est composé de Joy Williams, jeune chanteuse à la voix d’or qui a déjà derrière elle dix ans de carrière et presque autant de disques à son actif et de John Paul White, un obscur guitariste sudiste élevé à la musique de Johnny Cash et Kris Kristofferson . Pratiquants un folk délicat mâtiné de country, le duo s’est fait connaître en 2009 avec un EP live (« Live at Eddie’s Attic ») publié sur leur page Myspace puis sur iTunes où l’album a fait sensation, porté par le single « Poison & Wine » .

« Barton Hollow » était donc très attendu et le public ne s’y est pas trompé puisque le disque s’est hissé à la première place des téléchargements sur la plateforme d’Apple dès le premier jour de sa sortie. Pas mal pour un premier album studio ! On y retrouve le « Poison & Wine » cité plus haut, une ballade mid tempo douce amère idéale pour illustrer le climax émotionnel de fin d’épisode de toute bonne série américaine contemporaine (« Grey’s Anatomy » en l’occurrence) mais pas seulement…

En effet, il ne faut pas réduire The Civil Wars à ce genre de pop folk de qualité certes, mais bien loin du contenu de « Barton Hollow ». Dès le titre d’ouverture, « 20 years », on sent d’autres influences se bousculer derrière les arpèges aux accents celtiques de John Paul White. Si « I’ve got this friend » évoque la légèreté d’une Feist, « C’est la mort » nous emmène du côté des grands classiques romantiques avec ses accents « Rain and Tears », pendant que « My Father’s Father » offre à l’auditeur une plongée dans les grands espaces au crépuscule. On retient son souffle, c’est beau, tout simplement.

« Barton Hollow », le morceau qui donne son titre à l’album est un peu plus nerveux, plus tribal comme une danse de la pluie autour du totem de quelque peuplade indienne ayant un peu abusé du peyotl, enivrant et extrêmement addictif. C’est d’ailleurs un signal pour le groupe qui délaisse petit à petit le folk pour une country plus traditionnelle, passant par le Dixie (« Forget me not ») avant de conclure l’album sur un « Birds of a Feather » d’un classicisme ultime.

Conclure ? Pas encore, car les deux petits bonus tracks présents sur le disque sont loin d’être anecdotiques pour une fois ! On retrouve une version transfigurée du « I Want you Back » des Jackson 5, assez proche dans l’esprit du traitement que fait subir Julia Stone à « You’re the one that I want » sur scène mais surtout « Dance me to the end of love », l’une des plus belles chansons de Leonard Cohen qui ne perd rien de son intensité émotionnelle après être passée par les harmonies vocales de The Civil Wars.

Excellent album donc, apaisant et raffiné, qui ravira les amateurs de folk aérien comme ceux de country traditionnelle sans oublier tous les autres qui apprécient tout simplement la musique de qualité et les chansons bien écrites. Cela va sans dire et mais c’est encore mieux quand on le dit !
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.