The Black Crowes - The Tabernacle, Atlanta, 23/04/13

Par Scred | le 26/04/2013 | Les autres articles sur le Rock

Sous le Charm
Ok, on y est… Le Tabernacle, Atlanta, cœur de la Georgie, patrie des Black Crowes. Rien que ça ! Avoir la chance de voir les Black Crowes sur leurs terres, c’est un peu comme croiser la route de Lou Reed à New York ou du Grateful Dead à San Francisco ! Donc, on savoure…
The Black Crowes - The Tabernacle, Atlanta, 23/04/13 Et on observe ! Les lieux dans un premier temps, temple du rock psychédélique à tendance enfants fleurs, le Tabernacle semble figé dans le temps, quelque part entre 1965 et 1971, un peu comme nos corbaques dans un sens ! Le public ensuite, qui contrairement aux idées que l’on pourrait se faire, est particulièrement hétéroclite ! Moyenne d’âge indéfinie, statut social vague, tout le monde aime les Black Crowes à Atlanta, et nos plumitifs le savent bien…

J’en veux pour preuve la setlist, magique, inattendue, dédiée à l’un des albums les plus barrés des sudistes, j’ai nommé « Three Snakes And One Charm » (1996), relatif échec commercial à l’époque mais qui conserve une place à part dans le cœur des fans hardcore du groupe pour ses compositions complexes à haut pouvoir hallucinogène ! Les Crowes alignent les six premiers titres de l’album, dans l’ordre, on croit rêver ! Et ce n’est que le début…

Hilares et affichant une complicité non feinte, les frères Robinson enchaînent les classiques, « High Head Blues » en version rallongée d’un bon quart d’heure, « Wiser Time », « By Your Side », « Remedy », s’offrant même le luxe de transformer habilement leur fameux « Hard To Handle » emprunté à Otis Redding en un jam furieux autour du « Hush » popularisé par Deep Purple. Sublime et épuisant.

Mine de rien, voilà près de deux heures que les Black Crowes jouent comme si leur vie en dépendait et du point de vue du public, on a presque l’impression que seule une poignée de minutes s’est écoulée depuis les premiers accords de « Under A Mountain »… C’est malheureusement déjà l’heure du rappel mais attends, comme toujours, le meilleur est pour la fin !

« Jealous Again » donne le ton, repris en cœur par la foule qui écoute le titre en boucle depuis plus de vingt ans maintenant, suivi par un « Oh Josephine » plus sudiste qu’un verre de sweet tea et là, le miracle, presque une épiphanie. Chris Robinson empoigne une guitare pendant que le discret Rich passe derrière le micro pour nous offrir une version incroyable du « Oh ! Sweet Nothing » du Velvet Underground…

L’originale avait déjà un pouvoir de destruction massive assez prononcé, si vous y ajoutez l’authenticité southern rock de nos corbeaux et l’enthousiasme d’un public déjà aux anges, vous aurez une petite idée de la vague de plaisir partagé qui a traversé la salle du Tabernacle pendant les dix minutes de hors piste musical qui ont suivi les premières notes du morceau…

Ou pas. Fallait être là, désolé les mecs ! Mais bougez pas, bonne nouvelle ! Séance de rattrapage à Paris le 27 juin à La Cigale et quelques jours plus tard à Londres dans le cadre du festival Hard Rock Calling ! Décidément, la vie est bien faite…



Photo: Gregg Greenwood
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