The Black Crowes - "Cabin Fever"

Par Scred | le 27/11/2009 | Les autres articles sur le Rock

Let it be... The Black Crowes !
Pour la première fois de leur carrière - pourtant riche de réussites diverses et d’albums indispensables - The Black Crowes viennent d’accomplir quelque chose que les Beatles avaient complètement raté en leur temps ...
The Black Crowes - "Cabin Fever" En effet, lorsque Paul Mc Cartney proposa aux autres Beatles le concept d’un album enregistré et filmé en direct pour pouvoir montrer au public le processus de création d’un disque, il ne pouvait pas se douter que le résultat serait une plongée sans filet dans les tourments d’un groupe au bord de la dislocation. « Let it Be », s’il n’est pas à proprement parler le dernier album de the Beatles en sera bel et bien le testament et le film impitoyable qui en fût tiré un modèle de ce qu’il ne faut pas faire lorsqu’on travaille en groupe.

Les frères Robinson, en grands fans des Beatles, ne pouvaient pas l’ignorer lorsqu’ils lancèrent ce projet « Cabin Fever », qui est en fait le support sur pellicule de l’enregistrement de leurs derniers albums « Before the Frost... » et « Until the Freeze », d’autant plus que les anecdotes sur les tensions fraternelles entre les deux corbeaux en chef sont légendaires. Sauf que sur ce coup là, vous pouvez raccrocher le syndrôme « Let it Be » au placard, ou plutôt au perchoir ! « Cabin Fever » apporte beaucoup plus de réponses qu’il ne pose de questions sur la santé de The Black Crowes et l’harmonie au sein du groupe...

En premier lieu, le film nous explique les titres des albums et le design général des pochettes de « Before the Frost... Until the Freeze ». En effet, le Levon Helm's Studios où tout a été enregistré ressemble à un chalet cosy perdu au milieu d’une forêt enneigée, magnifiquement filmée par intermittence, qui en rajoute une couche sur l’impression de chaleur et d’intimité qui prédomine sur les albums et leur donne ce petit côté « sous la couverture au coin du feu ». D’autre part, on était très curieux de voir ce que cela donnait en images cet enregistrement de nouveaux morceaux devant un public restreint, que l’on imaginait confiné dans une pièce étroite, le nez collé à la vitre du studio... Que nenni ! Le studio en question est une pièce spacieuse, boisée et le groupe fait face aux spectateurs religieusement assis en tailleur à un mètre à peine des cabines, renforçant par là même l’impression de complicité entre The Black Crowes et leurs fans.

Et le contenu dans tout ça ?

Le film se compose d’extraits des sessions d’enregistrement qui reprennent pour une bonne part la setlist des derniers albums de The Black Crowes (« Been a long time », « Good morning captain », « Appaloosa »), mélangées à des séquences de répétition où l’on voit le groupe détendu (très beau moment de complicité entre les frangins Robinson sur « Shady Grove ») ainsi qu’à quelques intermèdes très graphiques sur le décor et l’ambiance autour du studio. Au final, on redécouvre un groupe soudé en pleine envolée créatrice, qui offre ses nouveaux morceaux à un public sur un petit nuage, en y ajoutant quelques cadeaux telles ces reprises très inspirées du « Dolphins » de Fred Neil mais aussi et surtout une version sublime et émouvante de « Oh Sweet Nuthin’ » de the Velvet Underground, certainement l’un des plus grands moments de ce film...

Au final, les Black Crowes nous donnent ici une très grande leçon de musique, de travail de groupe et de générosité envers leur public et renforcent encore un peu plus leur statut de meilleur groupe de rock du monde d’après votre serviteur... mais je ne suis pas objectif sur ce coup là !
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.