The Big 4 - "Live from Sofia Bulgaria"
Carré d'As
Certains d’entre vous ont peut-être déjà vu ce film puisqu’il fit l’objet d’une diffusion évènementielle en direct dans les cinémas du monde entier au mois de juin dernier. Pour les hardos français, ce fût même une épreuve d’endurance puisque la retransmission avait lieu au Grand Rex à Paris à peine 48h après le marathon du Hellfest, fallait en vouloir ! Pour ceux qui ont raté le coche, petite séance de rattrapage en compagnie des quatre grand du trash metal , Anthrax, Megadeth, Slayer et bien sûr Metallica.
Cette appellation « Big 4 » est d’ailleurs un peu exagérée… Quid d’Exodus, Testament, Sepultura voire même Heathen ou Pantera ? Bref, la légende a été écrite comme ça, on y peut rien. Et elle raconte (la légende) qu’au début des années 80, une poignée de groupes fans de la New Wave of British Heavy Metal et influencés par le punk décidèrent de fusionner leurs deux musiques de prédilection pour donner naissance à un nouveau genre, une musique rapide et agressive, crade et extrême pour l’époque, le trash.Le premier des groupes à monter sur scène devant le public bulgare est Anthrax, certainement le plus fun de la bande. Le groupe de Scott Ian et Joey Belladonna s’en donne à cœur joie, ravi de pouvoir profiter du public immense venu surtout pour applaudir Metallica. La musique d’Anthrax est certainement celle qui conserve le plus de séquelles de ses racines punk si l’on excepte le style vocal de Belladonna, une voix aigüe et lyrique plus proche du heavy metal traditionnel.
Pour preuve, sur les dix titres joués par Anthrax on trouve deux reprises, l’une de Black Sabbath (« Heaven and Hell ») et l’autre de nos Trust nationaux, le fameux « Antisocial » revisité à l’américaine qui conserve toute son efficacité même dans la langue de Shakespeare !
Comment reconnaître un mec qui a la poisse ? C’est très simple, c’est un gars qui s’est fait virer d’un groupe qui deviendra plus tard l’un des plus grands de la planète et qui, lorsqu’il monte sur scène, déclenche un torrent de pluie ! Pauvre Dave Mustaine… Au moment où Megadeth entame son set, le ciel Bulgare décide de doucher les ardeurs du public en lui infligeant un véritable déluge. Cela n’entame en rien la détermination du blondinet et de ses acolytes qui livrent une partition parfaite, composée des grands classiques du groupe de « Holy Wars… » à « Peace Sells » en passant par « Symphony of destruction », « Wake up dead » et une version pleine d’émotion de « A tout le monde ». L’accueil des fans est chaleureux et récompense des années de frustration et de persévérance au service du trash metal complexe pratiqué par Megadeth, et ce n’est que justice.
Comme par hasard, le ciel manifeste beaucoup plus de clémence à l’endroit des brutes épaisses (dans tous les sens du terme) de Slayer, comme si les nuages étaient effrayés par la puissance de feu du groupe de Kerry King et Tommy Araya. Des quatre groupes présents, Slayer est de très loin le plus brutal et le démontre avec un set ultra agressif passant en revue ses titres devenus mythiques, « Seasons in the Abyss », « Angel of Death », « South of Heaven » et bien sûr « Raining Blood ». La machine de guerre n’a perdu aucun boulon et distille son trash metal infernal à grands coups de riffs assassins et lourds comme le plomb devant une foule conquise par les solos dissonants et les cavalcades de batterie assurées par un Dave Lombardo au top de sa forme.
Vient enfin le moment tant attendu par le public de Sofia. Metallica sait qu’ils doivent mettre le paquet pour pouvoir rivaliser avec le déluge de décibels déployé par leurs prédécesseurs, et le spectacle des animations sur le fond de scène n’a pas d’autre fonction. Nous sommes en présence des rois de la soirée, cela ne fait pas le moindre doute ! Chroniquer le concert de Metallica pourrait être un peu redondant, tant l’exercice a déjà été pratiqué dans ces pages à de nombreuses reprises, disons simplement que le World Magnetic Tour n’a rien perdu de sa superbe depuis les concerts de Bercy et des arènes de Nîmes.
Les Four Horsemen ont choisi un set volontairement agressif avec des titres comme « Creeping Death », « Fuel », « Blackened » ou encore « Hit the lights », tout en saupoudrant le tout d’accalmies bienvenues (« Fade to Black », « Welcome Home (Sanitarium) », « One », « Nothing Else Matters ») sans oublier les grands classiques que sont « Master of Puppets », « Harvester of Sorrow » ou encore « Seek and Destroy » qui conclut traditionnellement leurs concerts sur cette tournée. Mais le moment le plus marquant du spectacle restera la reprise de « Am I evil ? » de Diamond Head, exécutée en compagnie des autres membres du Big 4. Voir Dave Mustaine étreindre Lars Ulrich et jouer à ses côtés sur la même scène à quelque chose d’historique et d’attendrissant et rien que pour cela, le jeu en valait la chandelle.
Ajoutez à cela un coffret de taille réduite comportant une série de tirages photo grand luxe, un poster, un superbe médiator collector et l’intégralité des concerts en DVD et en CD audio, et vous comprendrez pourquoi ce « Big 4 : Live from Sofia Bulgaria » mérite amplement le titre de disque du mois ! Am I evil ? Yes I am !
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