The Answer - "Revival"

Par Scred | le 03/10/2011 | Les autres articles sur le Hard Rock

Bonne réponse
Après avoir porté le danger dans les 22 mètres adverse avec « Rise » (2006), planté un magnifique essai avec « Everyday Demons » (2009), les irlandais de The Answer se devaient de réussir la transformation avec leur troisième album, « Revival ». Et face au challenge, le groupe emmené par le capitaine Cormac Neeson n’a pas tremblé…
The Answer - "Revival" A peine deux mois après la sortie du live « 412 days of rock n’ roll » où le groupe tirait le bilan de plus d’un an de tournée avec AC/DC aux quatre coins du monde, ce nouvel album sonne comme celui de l’émancipation. The Answer a pris le pouvoir et est bien décidé à sortir de l’ombre de ses glorieux bienfaiteurs… On a connu tellement de groupes de qualité éternellement voués aux premières parties par peur de se confronter au défi qui consiste à réunir un public sur leur propre nom, et The Answer voulait à tout prix éviter cet écueil.

Et ce sera sans doute chose faite avec « Revival », douze titres de pur rock n’ roll réussissant la synthèse parfaite entre ambiances sudistes qui vous donnent envie de bouffer du bitume et rock anglais millésimé. Autant le dire tout de suite, il n’y a strictement rien à jeter sur cet album ! Les chansons vous accrochent au porte manteau les unes après les autres, le son est irréprochable depuis les guitares qui vous mordent les mollets comme si elles n’avaient rien mangé depuis des semaines jusqu’au chant de Cormac Neeson qui fleure bon le live et il se dégage de l’ensemble une cohésion parfaite.

On n’insistera jamais assez sur l’importance de la construction d’un album, ce petit quelque chose qui fait que l’on apprécie plus une chanson lorsqu’elle vous arrive dans le cœur au bon moment, après telle ou telle autre, et « Revival » est un excellent exemple de ce qu’il faut faire dans ce domaine. Pour bien commencer il faut un titre fort, du calibre de « Waste your tears » par exemple, un truc entrainant qui dégage de la puissance, histoire de coller l’auditeur au mur d’entrée de jeu. Bon, ça c’est fait.

Ensuite, surtout ne pas laisser retomber le soufflé. Pour cela, « Use Me » est la solution idéale, on accélère le tempo pour faire taper du pied et accrocher définitivement le chaland… A partir de là, un blues bien lourd avec un souffle de cajun, un solo dévastateur et un harmonica plaintif permet de reprendre un peu son souffle tout en continuant à battre la mesure (« Trouble »). C’est à ce moment là que le groupe peut tenter le morceau fédérateur, avec refrain qui tue et riff héroïque (« Nowhere Freeway ») sans risquer de perdre les puristes.

Bon, on a bien transpiré jusque là, il est temps de caser un premier morceau lent, tout en prenant garde de ne pas perdre la puissance de feu en cours de route (« Tornado »), tout ça pour préparer le mec déjà à genoux à la suite des évènements, le petit passage obligé à l’ombre du Zeppelin (« Vida (I want you) ») et des Who (« Caught on the Riverbed ») afin de justifier le titre de l’album. « Revival » ça s’appelle, tu te souviens ?

Après une petite parenthèse orientalisante (« Destroy Me »), retour aux choses sérieuses avec du bon vieux hard rock des familles (« New Day Rising »), dernière cavalcade avant de clore les débats sur deux titres calibrés pour faire trembler les stades (« Can’t remember, can’t forget », « One more revival ») et une ballade qui avance masquée (« Lights are down »), conclusion idéale comme un coucher de soleil apaisant sur une journée riche en émotions.

Voilà la recette, faites en ce que vous voulez. The Answer en a fait un album, qu’ils en soient remerciés, et un album du mois en plus !
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