Stone Temple Pilots - "Stone Temple Pilots"

Par Scred | le 02/06/2010 | Les autres articles sur le Rock Indépendant | Soyez le 1er à réagir sur cet article
Temple réformé
Voilà un album que l’on attendait plus… Entre un groupe bloqué dans les années 90 avec un style jamais très bien défini (est-ce du grunge, du hard, du glam ?) et un chanteur miné par la came qui se refaisait encore récemment la cerise avec Velvet Revolver, il y avait peu d’espoir de voir les portes du temple s’ouvrir à nouveau.
Stone Temple Pilots - "Stone Temple Pilots" Mais voilà, le rock est ainsi fait qu’il réclame souvent sur son autel des comebacks retentissants de la part d’artistes enterrés par le public et la presse depuis belle lurette, cela avait commencé avec Elvis et depuis l’histoire se répète à intervalle régulier.

Prenez une dose d’Alice in Chains, rajoutez y une pincée de David Bowie, saupoudrez le tout avec un soupçon d’Aerosmith, mélangez bien et vous aurez la recette de ce « Stone Temple Pilots » version 2010 !

Un drôle de cocktail à consommer brûlant comme le titre d’ouverture « Between the lines », un rock heavy qui fait se télescoper une ambiance glam avec un refrain qui rappelle le « Stay Away » de Nirvana, rien que ça ! Le résultat est concluant et on branle le chef avec enthousiasme (le veinard !)

Les Stone Temple Pilots n’ont jamais réussi à se décider entre le soleil de Californie et les brumes de Seattle, et cette dualité de style s’exprime parfaitement sur des titres comme « Take a load off » ou le bien nommé « Hazy Daze » où l’on navigue au milieu d’une purée de pois pendant toute la chanson sauf au moment des refrains où un rayon de soleil vient réchauffer l’atmosphère avec une touche made in L.A. du meilleur effet.

Quelques mélodies bien accrocheuses traînent çà et là, hommages appuyés aux idoles du passé comme ce « Dare if you dare » où le chant de Scott Weiland nous renvoie au Lennon période Phil Spector ou encore l’excellent « Hickory dichotomy » très proche du « Jean Genie » de David Bowie tout comme le très glam « Bagman », comme si les Stone Temple Pilots avaient eu besoin de s’appuyer sur des valeurs sûres pour retrouver le plaisir de jouer ensemble.

Il n’y a pas de mystère, c’est la bonne méthode !

Le reste de l’album recèle d’autres bonnes surprises, entre le boogie nerveux d’un « Huckleberry crumble », la décharge d’adrénaline de « Fast as I can », les entraînantes road songs que sont « First kiss on Mars » et « Cinnamon » et la ballade « Maver » judicieusement placée à la fin de l’album.

Très peu de déchet dans ce « Stone Temple Pilots » donc, rien d’absolument révolutionnaire non plus mais un album qui s’écoute et se réécoute avec un plaisir simple, du genre de celui que l’on ressent en retrouvant un vieux pote à qui on pensait n’avoir plus rien à dire et qui s'avère être toujours aussi cool qu'avant... Et c'est déjà pas mal !
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