Stone Sour - "Audio Secrecy"

Par Scred | le 03/09/2010 | Les autres articles sur le Métal | Soyez le 1er à réagir sur cet article
Gros comme ça
Stone Sour est un groupe intéressant à plus d’un titre. Il est en effet assez rare que des musiciens ayant connu un succès planétaire avec un groupe (Slipknot pour ne pas le nommer) décident un beau jour de ressusciter leur premier groupe, celui de l’anonymat et des premières répétitions dans un garage obscur de Des Moines (Iowa).
Stone Sour - "Audio Secrecy" Ce retour aux sources pour Corey Taylor, James Root et Shawn Economaki (respectivement chanteur, guitariste et manager de Slipknot) traduit un besoin rarement assumé par des artistes, celui de ne pas se laisser enfermer dans un style, de se libérer du monstre en quelque sorte. Slipknot est une machine de guerre alimentée à la fois par une musique extrême et violente et par une mise en scène théâtrale assortie au son du groupe. C’est ce que les fans aiment et demandent. Or, on a suffisamment reproché à certains groupes leur changement d’orientation musicale d’un album à l’autre (Metallica en sait quelque chose)

Comment faire dès lors pour s’évader d’un style précis sans trahir le public ? La réponse était finalement assez simple, il suffisait de créer un autre groupe. Voilà de quoi Stone Sour retourne.

« Audio Secrecy » nous arrive à un moment charnière de la carrière de ses membres. Slipknot n’a jamais été aussi populaire mais dans le même temps, le groupe est fortement affaibli par la perte récente de son bassiste Paul Gray, au point qu’une séparation pure et simple est envisagée. Deux raisons qui ont certainement poussé Taylor, Root et Economaki à se donner à fond dans l’aventure Stone Sour, un engagement personnel qui se ressent fortement sur ce troisième album du groupe ainsi que dans leurs prestations scéniques.

Les chiens ne font pas des chats et il y a du brutal sur « Audio Secrecy », du « Mission Statement » qui ouvre l’album avec ses vocaux velus et son riff assez proche du son Slipknot à « The Bitter End » qui fait trembler les murs et donne envie de s’arracher les cordes vocales en beuglant des « Surrender ! » vengeurs. Cependant, sur d’autres titres comme « Digital (Did you tell) » ou encore « Say you’ll haunt me », tout en conservant un son extrêmement agressif, Stone Sour met l’accent plus que jamais sur les mélodies et les parties vocales chantées plus que hurlées ainsi que sur des refrains accrocheurs.

Mais le plus étonnant sur cet album nous vient d’une chose que Slipknot ne pouvait offrir à Corey « The Bull » Taylor, je veux parler des ballades. Une chanson comme « Dying » en est la preuve, voilà une power-ballad aussi chargée en émotion qu’un slow de Skid Row, tout comme l’est « Hesitate » où la terrifiante voix du chanteur masqué s’aventure sur un terrain encore vierge pour lui, sans parler du solo de guitare qui va bien et qui appelle les briquets en concert ! « Imperfect » quant à elle nous propose une ambiance encore plus dépouillée, presque entièrement acoustique, contrastant avec « Threadbare » qui clôt l’album en alternant douceur et explosions de violence.

En conclusion, si « Audio Secrecy » doit nous apprendre quelque chose, c’est bien que l’on gagne toujours à faire ce que l’on a envie de faire et que l’on a rien à perdre à montrer que l’on possède un cœur gros comme ça !
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