Steve jobs (1955 - 2011)

Par Scred | le 06/10/2011 | Les autres articles sur le Rock

IGoodbye
Et voilà, on y est. Après des mois à se préparer à ce moment, il a fini par arriver. Steve Jobs nous a quitté ce 5 octobre 2011 des suites d’un cancer et depuis, le monde a une sale gueule. Alors, d’accord, il y a plus grave, des guerres en cours, des famines, la pauvreté galopante, j’entends d’ici les esprits chagrins s’insurger de la tristesse provoquée par la mort d’un marchand de tapis… Qu’ils s’insurgent, les imbéciles, ils n’ont rien compris.
Steve jobs (1955 - 2011) A quoi ça sert de vivre si c’est pour faire la tronche ? C’est précisément ce que Steve Jobs nous a offert, une raison de sourire. Il n’a pas inventé l’internet, il l’a juste rendu plus amusant à utiliser, il n’a pas non plus inventé le baladeur, il en a fait un objet de plaisir. Quant à l’ordinateur en lui même, la question peut se poser…

Pendant des années, j’étais dans le camp adverse, celui du PC. J’aimais pouvoir démonter la bécane, rajouter des trucs et je n’aimais rien tant que moquer les adorateurs du Mac avec leur nombre limité de logiciels compatibles et le snobisme, soyons honnêtes, qui les caractérisaient un peu… Ils donnaient l’impression d’appartenir à un club privé, une sorte de secte et ça m’énervait.

Et puis un jour, un petit appareil est venu bousculer mes convictions. Le truc s’appelait iPod et a radicalement changé ma façon d’écouter de la musique dans la rue, dans le métro, au boulot, n’importe où. Il existait déjà pas mal de baladeurs numériques, des « MP3 » comme on disait encore avant qu’iPod ne devienne le terme générique, mais aucun n’était aussi simple d’utilisation, aussi intuitif, aussi cool en fait… Et puis le son de l’iPod changeait la donne également, reléguant la concurrence dans les affres d’une compression audio médiocre. Grâce à l’iPod, on atteignait à nouveau la qualité des baladeurs CD, les supports et les sautes de disque en moins.

Les années ont passé, les iPod sont devenus de plus en plus beaux, de plus en plus sympas à utiliser, de plus en plus capables de transporter toute notre discographie dans la poche et avec eux, le plaisir de vivre en musique est devenu une réalité. Plaisir, maitre mot de cet hommage. L’arrivée de l’iPhone et la capacité de littéralement toucher la musique a encore enfoncé le clou… On pouvait naviguer dans sa discographie comme au bon vieux temps des bacs à vinyles et le plaisir est monté d’un cran.

Voilà pourquoi nous pleurons Steve jobs aujourd’hui. Au delà des innovations technologiques, des bidules futuristes tels que l’iPad qui permirent à Gorillaz ou Björk de composer des albums entiers, des ordinateurs aussi performants que pratiques comme le MacBook, l’homme de Cupertino nous a offert, à nous autres fondus de musique, un moyen inédit d’éprouver du plaisir, un plaisir qu’il partageait en grand fan qu’il était des Beatles et de Bob Dylan, des goûts qu’il ne manquait jamais de mettre en avant.

Donc oui, le monde va mal, cela ne fait aucun doute mais il était important que des hommes comme Steve jobs existent, pour nous faire oublier l’espace d’une ou deux chansons que nous avons toutes les raisons de nous foutre en l’air avant l’apocalypse. Aujourd’hui Steve Jobs n’est plus mais ses enfants subsistent, tous ces petits iTrucs dans nos poches toujours prêts à nous apporter un petit peu de joie, un petit peu de lien entre nous, un peu de futilité et de légèreté. On en a tant besoin.

Pour tout cela, merci Mr Jobs et rendez-vous dans un monde moins merdique.

« Stay hungry, stay foolish » (Steve Jobs - 2005)
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.