Stereophonics - "Graffiti on A Bridge"

Par Scred | le 02/03/2013 | Les autres articles sur le Rock

Sur les rails
D’une régularité qui force le respect, Stereophonics revient en force avec un nouvel effectif et nous offre leur huitième album en seize ans de carrière. Un tous les deux ans, sans faire de chichi et sans avoir l’air de se forcer, le groupe gallois emmené par Kelly Jones maitrise à la perfection son art et le démontre une fois de plus avec ce « Graffiti On A Train » à la beauté dangereuse.
Stereophonics - "Graffiti on A Bridge" Oui, j’ai bien écrit « beauté dangereuse », encore un bon vieux poncif de journaliste ! Et bien non ! J’explique… Le principe même de ce genre de femme fatale est qu’elle vous prend en traître, soufflant le chaud et le froid en permanence, vous faisant croire à une chose tout en vous démontrant le contraire. Et « Graffiti On A Train » ne fait pas autre chose…

« We Share The Same Sun » ouvre le bal en nous promettant un retour à la pop rock héroïque qui avait fait accéder le groupe aux plus hautes marches du podium avec l’album « Language Sex Violence Other ? » (2005), c’est précis et efficace, un refrain enlevé, des guitares au diapason, eau et gaz à tous les étages et le nouveau batteur Jamie Morrison qui tient sa place mieux que bien.

« Graffiti On a Train » embraye dans un style bien différent, la ballade nostalgique qui file le frisson et sent bon le crachin gallois, un après midi solitaire alors que l’usine a fermé et que l’on regarde le train s’éloigner… Adam Zindani se fend d’un solo en mode arrache cœur, on se pendrai bien si l’on avait une corde sous la main, lui en a six et confirme tout le bien que l’on pense de lui depuis son arrivée dans le groupe en 2007.

« Indian Summer », single par excellence, nous remet du baume au cœur et risque de faire grincer les dents de leurs potes de Coldplay. C’est simple et léger, tout à fait ce que l’on peut attendre d’un morceau qui fait vendre un album… Du coup, le contraste avec « Take Me » qui le suit comme son ombre est d’autant plus flagrant ! Car d’ombre il est question, sombre et sensuel, le titre nous emmène quelque part où le romantisme n’est plus de mise…

Nous parlions d’obscurité, « Catacomb » vient pourtant rallumer la lumière avec le premier riff réellement rock n’ roll de l’album, un truc limpide et sans fioritures, qui vient paver la voie pour « Roll The Dice », une petite curiosité habillée d’un orchestre du meilleur effet, fonctionnant parfaitement en parallèle avec « Violins And Tambourines » et sa montée en tension parfaitement maîtrisée.

A quoi reconnaît-on un album de grande classe ? Souvent au fait que l’on a déjà le sentiment d’en tenir un entre ses mains au moment où l’on découvre que les meilleurs morceaux se trouvent à la fin… Il n’y a qu’à se plonger dans « Been Caught Cheating », perle bluesy très lennonienne ou encore « No One’s Perfect » au texte millimétré posé en douceur sur une mélodie plus légère qu’un soupir pour s’en convaincre…

Au final, Stereophonics signe ici l’un des albums les plus aboutis de leur carrière, pourtant déjà bien remplie. Toujours sur les rails en somme.
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