SONISPHERE FRANCE - 8 & 9 Juin 2013 - Jour 2 - Part 2

Par Manue Fée C. | le 20/06/2013 | Les autres articles sur le Métal

Jour 2 : En attendant la Vierge de Fer ! Part 2
Après Slayer hier, nous revoilà devant l'une des têtes du « Big 4 (of Thrash Metal) », Megadeth ! Scénographie imposante qui va nous en mettre plein la vue, avec ses deux écrans installés de part et d'autre de la batterie, actifs tout le long du set, passant un clip différent pour chaque morceau. Les mouvements du groupe sont calés et se synchronisent à la perfection avec la vidéo, qui fait le job. Chris Broderick nous gratifie de son sourire et de sa motivation, tandis que Dave Mustaine est lui-même assez communicatif ce soir. L'esplanade entière du festival est pleine à craquer. Pour le début et à la fin de chaque morceau, c'est une forêt de cornes dressées qui les saluent. Après les premiers battements de « Prince of Darkness » en guise d'intro, le set enchaîne avec « Trust », « Hangar 18 », « She Wolf » et « Countdown to extinction ». Tiens en parlant de ça, on se souvient que la France, frustrée, n'avait pas fait partie des étapes de leur tournée anniversaire « Countdown to Extinction 20th anniversary Tour », restée cantonnée à l'Amérique du sud en septembre dernier. Pour se faire pardonner, Dave annonce donc qu'ils nous offrent ce soir « King maker » puis « Super Collider », deux morceaux issus de leur 14ème et nouvel album, tout frais sorti il y a cinq jours à peine, et directement classé 6ème au Billboard 200 US (Voir notre chronique de « Super Collider » écrite par Scred le 4 juin dernier). « A tout le monde » remporte son habituel franc succès devant le public français, suivi de l'énorme et bien nommé « Symphonie of Destruction ». Sur « Peace Sells », Vic Rattlehead, mascotte squelettique géante, s'offre une balade en costume et nargue la foule. Puis c'est la pause, quelque peu frustrante sur un festival, alors que le temps de passage des groupes est compté. Un dernier « Holly War … The Punishment due », et c'est déjà l'heure des adieux, chaleureux, au son de « Silent Scorn ».

Ce sont les finlandais Children of Bodom qui ont la place maudite ce soir. Programmés en effet entre deux géants du festival, Megadeth et Iron Maiden, ils sont un peu boycottés par le public, qui préfère rester du côté de la scène Apollo où il devient difficile de circuler, pour s'assurer des meilleures places, ou qui en profite pour aller se restaurer du côté du market avant la grande bataille finale. Ce qui ne va pas empêcher COB, mélange de death métal mélodique relevé d'une pointe de power métal, de défendre avec brio leur setlist, portant haut les couleurs de leur huitième et nouvel album, « Halo of Blood », tout juste sorti l'avant-veille.

Aux premières notes du « Doctor Doctor » de UFO en guise d'intro, les retardataires achèvent de se précipiter pour acclamer la machine de guerre tant attendue du sonisphere 2013, Iron Maiden ! La foule immense et dense occupe l'esplanade entière, jusque à l'opposé devant la Saturn. La scène Apollo elle, est rhabillée du blanc et bleu glacé de la banquise, hommage à l'album « Seventh Son Of A Seventh Son ». Les écrans diffusent de superbes images de glaciers et le début de la vidéo de Moonchild. « Seven deadly sins, seven ways to win »… ET c’est parti! Le set attaque fort, des gerbes de flammes annoncent le début d’hostilités qui vont durer deux heures, durant lesquelles Maiden nous fait revivre la tournée historique « Maiden England » de 1988, nous offrant les pépites depuis rarement entendues en live (« The Prisonner », « Run To The Hills », « Phantom Of The Opera », « Seventh Son Of A Seventh Son »...) sans compter les indémodables et incontournables classiques que tout le monde attend. La machine est en marche et offre à chaque morceau une nouvelle surprise, du gros spectacle, ne lésinant pas sur les effets de scène à grands renforts de pyrotechnie hyper calée sur les morceaux et de Eddie géants. « Nous sommes six rosbifs et vous êtes vingt mille grenouilles. Où est la guerre ? » Dickinson, animé par la bête, est déchaîné, courant dans tous les sens, et Eddie n'est jamais loin, projetant son ombre protectrice sur la foule survoltée. Les musiciens sont en grande forme ce soir. Bruce vient titiller le guitariste Jannick Gers en faisant passer sa tête dans un trou de son Union Jack sur « The Trooper », alors que les autres musiciens se tirent la bourre et se poursuivent avec une bonne humeur affichée. La virtuosité d’Adrian Smith dans ses solos et la vélocité de Steve Harris à la basse sont toujours d'actualité. Sur « The Number Of The Beast », la bête aux yeux rougeoyants apparaît au milieu des flammes. Suit un doublé historique, composé du trop rare « Phantom Of The Opera » et de « Run To The Hills », pendant lequel apparaît un premier Eddie grimé en soldat de la guerre de Sécession et qui, sabre au clair, cherche visiblement à trancher les têtes. Comme toujours, l’accueil réservé à la mascotte est explosif. Sur « Seventh Son » naît un second Eddie gigantesque, alors que du côté droit de la scène, sur la seconde partie du titre, c'est un orgue imposant, au claviériste masqué, qui fait une apparition fugace dans un nuage de fumée. « Fear Of The Dark » embrase le public, encore plus que la scène où pourtant les effets pyrotechniques font rage. Un troisième Eddie fait son apparition sur « Iron Maiden » offrant dans sa main gauche, à l’identique de la pochette de l’album « Seventh Son Of A Seventh Son », son fœtus vivant qui ne manque pas de se débattre. C'est déjà la courte pause du rappel. Le discours de Churchill annonce les trois derniers titres « Aces High », « The Evil That Men Do », « Running Free », et une présentation des membres du groupe par Bruce Dickinson, qui terminent ce magnifique set, clôturé par le « Always Look on the Bright Side of Life" » des Monty Python, comme le veut la tradition.

On pouvait s’étonner que les Australiens soient chargés de clôturer le festival alors qu’on aurait pu s'attendre à ce que Maiden soit le feu d’artifice final. Mais Airbourne ne nous laisse pas le temps de digérer, et s'offre comme le digestif brûlant qui couronnera cette journée. C’est le moment de se lâcher au cœur du pit, même plus peur. « Ready to Rock » ?! Hell yeah ! C'est parti pour une heure de pur hard rock survitaminé. Airbourne enchaîne les morceaux du nouvel opus « Black Dog Barking » sorti il y a quelques semaines, avec les désormais classiques qui ont fait leur renommée. Comment résister à ces rythmiques basiques et ces riffs bluesy entraînants?! Même assommés par les baffles, dont le souffle était parfois douloureux. Les Australiens sont de véritables chiens fous sur scène, donnant tout comme s'il s'agissait de leur dernier concert. La prestation surexcitée du chanteur/guitariste Joel O'Keeffe, qui passe le set entier à se marrer, à sauter dans tous les sens, il descend cul sec une bouteille de vin pendant « Cheap wine and cheaper women », qu'on a d’ailleurs un peu peur de recevoir sur la tête dans un élan d'enthousiasme, s'explose des canettes de bière sur la tête avant d'en asperger le public, et s'offre un petit tour dans la foule. Même s'il n'ira pas cette fois jusqu'à escalader la scène pour nous jouer un solo tout en haut, il s'éclate et prend du plaisir, et nous encore plus! Après un dernier « Stand Up for Rock 'N Roll », c'est échevelés et survoltés malgré la fatigue de ces deux jours de festival qu'on sortira de ce set, « Running Wild » en boucle dans la tête jusqu'à notre retour à Paris. Grandiose !

Ce Sonisphere 2013 c'est donc révélé un très bon cru. Une programmation prestigieuse. Une météo superbe, les prévisions pessimistes se révélant erronées pour notre plus grand confort. Un son généralement de qualité, ce qui n'est pas forcément le cas sur de gros festivals, d'autant plus en extérieur. Les sets s’enchaînent remarquablement bien entre les scènes Saturn et Apollo qui se font face, même lorsque des décors doivent y être montés. La zone market / restauration en contrebas offre un bel espace légèrement en retrait de l'action, ce qui n'est pas pour déplaire, et que dire alors de l'espace VIP/Presse, surplombant le tout et offrant un point de vue dégagé très agréable, idéal pour se poser quelques instants tout en gardant un œil sur ce qu'il se passe sur la scène Apollo.

On se souviendra de la joie de notre équipe à la découverte d'un stand servant Grim’ Rouge et Guinness. Du prix trop élevé des t-shirt officiels du festival d'après bon nombre de festivaliers. De la patience des équipes de sécurité qu'on a vu récupérer avec gentillesse et délicatesse dans leurs gros bras musclés les slameurs même les plus acharnés pour les déposer comme des fleurs sur le côté afin qu'ils puissent retourner sains et saufs dans la mêlée.

Nous dédions également une pensée émue à ce festivalier et ses proches, victime d'un malaise cardiaque, que les secouristes ne seront malheureusement pas parvenus à ranimer, ce qui entachera de deuil le samedi après-midi.

En off, le Sonisphere France a proposé dès le vendredi des concerts offerts aux festivaliers installés sur le camping, ainsi que la projection de films sélectionnés par Panic! Cinéma pour régaler les amateurs de séries Z et autres ovnis trash réjouissants, « Zombie Ass », « Father's day », « Le Sorcier macabre », auxquels on aurait aimé avoir eu le temps d'assister.

L'organisation s'est montrée à l'écoute des critiques des précédentes éditions, ce cru 2013 augurant du meilleur pour l’avenir du Sonisphere France. Et le festival, espérons-le, gagnera de l’ampleur et se perfectionnera encore avec les années, avec peut-être l'ajout d'une troisième journée.

On attend désormais la programmation 2014 avec impatience.




Setlists – Sonisphere – 9 juin 2013 – 2/2



Megadeth :

1. Prince of Darkness
2. Trust
3. Hangar 18
4. She-Wolf
5. Countdown to Extinction
6. Sweating Bullets
7. Kingmaker
8. Super Collider
9. A Tout Le Monde
10. Symphony of Destruction
11. Peace Sells

Rappel:
12. Holy Wars... The Punishment Due
13. Silent Scorn
14. My Way (Sid Vicious song)
15. Shadow of Deth

Children of Bodom :

1. Transference
2. Needled 24/7
3. Living Dead Beat
4. Angels Don't Kill
5. Halo of Blood
6. Bodom After Midnight
7. Hate Me!
8. In Your Face
9. Blooddrunk
10. Downfall
11. Hate Crew Deathroll


Iron Maiden:

Intro : Doctor Doctor (UFO song)

1. Moonchild
2. Can I Play with Madness
3. The Prisoner
4. 2 Minutes to Midnight
5. Afraid to Shoot Strangers
6. The Trooper
7. The Number of the Beast
8. Phantom of the Opera
9. Run to the Hills
10. Wasted Years
11. Seventh Son of a Seventh Son
12. The Clairvoyant
13. Fear of the Dark
14. Iron Maiden

Rappel:

15. Churchill's Speech
16. Aces High
17. The Evil That Men Do
18. Running Free
19. Always Look on the Bright Side of Life (Monty Python song)



Airbourne:

1. Ready to Rock
2. Chewin' the Fat
3. Diamond in the Rough
4. Back in the Game
5. Raise the Flag
6. Cheap Wine & Cheaper Women
7. Black Dog Barking
8. Live It Up
9. Too Much, Too Young, Too Fast
10. Runnin' Wild (with Paranoid and Dirty Deeds Done Dirt Cheap' snippets)

Rappel :

11. Stand Up for Rock 'N' Roll


Photos
© P.Cremin - www.blackstage-photography.com
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