SONISPHERE FRANCE - 8 & 9 Juin 2013 - Jour 1 - Part 2

Par Manue Fée C. | le 18/06/2013 | Les autres articles sur le Métal

Jour 1 : The Good, The Loud, The Ugly - Part II
Il est 17h passées de quelques minutes, et c'est le metalcore des anglais survoltés Bring me the Horizon, déjà présents au Sonisphere l'année passée, qui enchaîne sur la scène Apollo, de leur set énergique et intense. C'est pour eux l'occasion de défendre les titres de leur nouvel album « Sempiternal », sorti le 1er avril dernier, avec une setlist presque entièrement dédiée. Sur scène c'est un Oliver Sykes dynamique et rageur qui déchaîne les slameurs. Mais ils seront un peu vite délaissés par un public pressé d'écouter ce qu'il va se passer ensuite en face sur la scène Saturn.
Les géants vikings de Amon Amarth ont amarré l'étrave de leur Drakkar sur la scène du Sonisphere et en fond de scène, l'écran fait office de la voile du navire, prêt à embarquer une audience qui lui semble déjà toute acquise : très représentés sur les t-shirts des festivaliers, la foule qui se masse en avance devant la scène Saturn prouve qu'ils sont très attendus.
Johan Hegg, frontman immense et blond à la puissante voix caverneuse, corne au flanc, manchettes de cuir, Marteau de Thor en argent autour du cou, tatouage de divinité sur la peau, nous embarque voguer vers les rivages d'Asgaard, à croire que Odin lui-même est descendu du Walhalla porté par un vent de mythologie scandinave.
Le public entonne les refrains les uns après les autres, et lorsque Johan Hegg réclame plus fort, ça suit, et c'est un régal d'admirer le plaisir que ça lui fait ! L'écran en fond de scène s'efface pour laisser la place aux deux frères, Thor et Loki, s’affrontant dans un ciel épique, visuel de “Deceiver of the God”, leur nouvel album, qui sortira le 25 juin prochain, et dont ils nous offrent le morceau éponyme, mélodique et puissant. Ils en profitent pour annoncer leur venue à Paris au mois de novembre. Le set s'achève sur “Gardians of Asgaard”. Le pit, pourtant déjà survolté, ne semblait attendre que ça. C'est échevelés et électrisés que nous partons rejoindre la prochaine tête d'affiche.

“We are Motörhead. And we play Rock 'n Roll!” Inutile de faire les présentations ! C'est une clameur qui accueille cette traditionnelle ouverture du set. La foule s'est densifiée pour apercevoir le Maître devant son mur d'amplis Marshall. Un “Merci Bien” braillé depuis son fond de scène achève de déchaîner les festivaliers. Les écrans géants qui encadrent la scène nous offrent des gros plans sur un Lemmy qui semble plutôt tenir la forme, balançant même quelques vannes audibles “A song from 83, before you were born, hahaha” ! On le distinguerait à peine sinon, planté qu'il est sous son micro, impassible, à la droite de l'usine à beats d'un Mikkey Dee enragé comme à son habitude. Lemmy profite du solo magnifique de Phil Campbell pour se faire un break ? Sa voix se fait un peu moins audible sur certains morceaux ? Qu'importe, Motörhead, c'est increvable, historique, en béton armé, placé et assuré, parvenant même à secouer les festivaliers les plus fatigués pour les faire se relever sur un “Ace of Spade” que tout le monde connaît. “You are a great audience. Dont' forguet us. We are Motörhead. And we play Rock 'n Roll!” Pour toujours ! Amen.

In Flames attaque fort son set avec un “Sounds of a playground fading”, énergique et mélodique. Comme les onze morceaux suivants d'ailleurs! Les suédois se donnent à fond, souriants, grimaçants, et excellents, pour un public surexcité qui part en pogo et circle pit.

Slayer, l'une des quatre têtes de l'hydre “Big 4 (of thrash Metal)” monte sur scène ce soir amputé de deux de ses membres fondateurs. Dave « Thunderkick » Lombardo, batteur historique, a été déchargé de la tournée australienne en février dernier, suite à ce qu'il semblerait être des désaccords d'ordre financiers. Il n'est pas remplacé par un inconnu, mais bien par un Paul Bostaph ayant déjà usé de la grosse caisse à plusieurs reprises avec le groupe, dans les années 90. Quand à Jeff Hanneman, guitariste et auteur-compositeur, il n’est pas utile de rappeler la malheureuse explication de son absence. Suite à ses problèmes de santé qui l'empêchaient de jouer depuis 2011, Hanneman avait déjà été remplacé par Gary Holt à la guitare, qui poursuit désormais sa mission de façon pérenne. Ce dernier aurait probablement préféré être retenu dans des conditions moins funestes, mais sa présence permet au groupe de continuer à offrir des shows parfaitement dantesques à ses fans. Dans l’étonnement général, le combo a donc décidé d’assurer malgré tout leur tournée prévue cet été, dont ce Sonisphere. Ils restent cependant discrets, ne donnant aucune interview, probablement afin d’éviter tout commentaire sur les récents bouleversements de line up. Ils honorent le festival de leur puissante présence, et leur frère trop vite disparu. Un immense backdrop aux couleurs d'un célèbre breuvage malté sera d’ailleurs déployé en fin de set. “Angel Of Death – Hanneman – 1964 2013 – Still Reigning”. Émouvant. Le grandiose d’un lightshow qui nous en aura mis plein la vue, doublé d’une fin de set marqué par les indétrônables « Raining Blood », « South of Heaven » et « Angel of Death », ont entrainé des milliers de metalheads jusqu'à l’apothéose de ce show mémorable !

Retour sur la Saturn pour un set qui débute très fort sur « Blind », Korn, très attendu ce soir pour le retour de Head à la guitare, est acclamé par le public comme il se doit. Ça enchaîne avec l’intensité des morceaux qui ont « bercé » nos années 90 « Twist », « Chi », « Falling Away From me ». Malgré une coupure du son de la guitare qui plombe l’ambiance pendant quelques instants et une « pause » frisson au son de la cornemuse sur « Shoots And Ladders », oubliée la fatigue de cette grosse journée, on se régale de l'énergie sans bornes de Korn qui ne nous lâchera pas, jusqu'au bout, avec « Got the life » et « Freak in the leash » en clôture.

Très attendu par les fans mais abordé à reculons par des métalleux sceptiques que le mélange rap / néo métal ne convainc pas sur le papier, Limp Bizkit crée la surprise en faisant pulser la dernière heure de cette journée inaugurale du festival. Il est impossible de ne pas secouer la tête, se trémousser, voir même d'assumer et se laisser emporter par l'énergie dégagée. Ils frappent droit au but, à grand coups de refrains plutôt faciles à mémoriser, de riffs accrocheurs et de cet esprit presque parodique. On admire Wes Borland à la guitare, spécialiste du grimage démoniaque, ce soir moulé de noir derrière un impressionnant masque en strass. Mentions spéciales pour être parvenus à faire chanter « La Marseillaise » au public, ainsi que pour cette satanée reprise de « Faith » (de George Mickael, si si) qui nous sera restée dans la tête tout le temps du retour jusqu'à la voiture. Amusant et pêchu, bienvenu en clôture de cette nocturne.

Aller maintenant ça suffit, au lit ! Il est temps d'aller reprendre des forces avant d'attaquer demain, la deuxième journée du festival qui s'annonce encore plus colossale que la première !

Setlists – Sonisphere – 8 juin 2013 – 2/2

Bring me the Horizon
1 - Antivist
2 - Empire (Let Them Sing)
3 - The House of Wolves
4 - Alligator Blood
5- Chelsea Smile
6 - Go to Hell, for Heaven's Sake
7 - Blessed With A Curse
8 - Shadow Moses

Amon Amarth:
1 - War of the Gods
2 - The Pursuit of Vikings
3 - Destroyer of the Universe
4 - Live for the Kill
5 - Deceiver of the Gods
6 - Runes to My Memory
7 - Death in Fire
8 - Twilight of the Thunder God
9 - Guardians of Asgaard

Motörhead:
1 - I Know How to Die
2 - Damage Case
3 - Stay Clean
4 - Metropolis
5 - Over the Top
6 - Guitar Solo
7 - The Chase Is Better Than the Catch
8 - Rock It
9 - Just 'Cos You Got the Power
10 - Going to Brazil
11 - Killed by Death
12 - Ace of Spades
13 – Overkill

In Flames:
1 - Sounds of a Playground Fading
2 - Where the Dead Ships Dwell
3 - Trigger
4 - Cloud Connected
5 - Ropes
6 - Fear Is the Weakness
7 - The Quiet Place
8 - The Mirror's Truth
9 - System
10 - Deliver Us
11 - Take This Life
12 - My Sweet Shadow

Slayer :
1 - World Painted Blood
2 - Hallowed Point
3 - War Ensemble
4 - Hate Worldwide
5 - Stain of Mind
6 - Disciple
7 - Bloodline
8 - Mandatory Suicide
9 - Chemical Warfare
10 - The Antichrist
11 - Seasons in the Abyss
12 - Dead Skin Mask
13 - Raining Blood
14 - South of Heaven
15 - Angel of Death


Korn :
1 - Blind
2 - Twist
3 - Chi
4 - Falling Away from Me
5 - Dead Bodies Everywhere
6 - Narcissistic Cannibal
7 - Coming Undone
8 - Did My Time
9 - Shoots and Ladders / Somebody Someone
10 - Here to Stay
11 - Helmet in the Bush
12 - Need To
13 - No Place to Hide
Rappel :
14 - Get Up!
15 - Got the Life
16 - Freak on a Leash

Limp Bizkit:
1 - Why Try
2 - Full Nelson
3 - Hot Dog
4 - My Generation
5 - Livin' It Up
6 - Break Stuff
7 - My Way
8 - Faith (George Michael cover)
9 - Eat You Alive
10 - 9 Teen 90 Nine
11 - Leech
12 - Counterfeit (Partiel)
13 - Pollution (Partiel)
14 - Take a Look Around
15 - Rollin' (Air Raid Vehicle)
(Stayin' Alive des Bee Gees )



Photos
© P.Cremin - www.blackstage-photography.com
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