Social Distortion - "Hard Times and Nursery Rhymes"

Par Scred | le 18/01/2011 | Les autres articles sur le Rock

Incorruptibles
On avait failli attendre… Sept ans après « Sex, Love and Rock n’ Roll », Mike Ness et son gang sont enfin de retour pour le plus grand plaisir des amateurs de rock n’ roll à l’ancienne et de punk rock californien aux refrains accrocheurs. Certains diront commercial, tant pis pour eux, ils rateront une bonne occasion de la fermer.
Social Distortion - "Hard Times and Nursery Rhymes" Car il y a toujours eu débat autour de Social Distortion, pas assez violents, pas assez crades, trop faciles d’accès mais hé, qui a dit que le rock n’ roll devait forcément sentir des pieds ? Le nouveau Social Distortion sent bon, comme toujours. Le soleil et la bière fraiche, le métal des cordes de guitare et la transpiration d’un groupe qui s’éclate autour d’un bon vieux son hérité des New York Dolls et des Rolling Stones, une recette déjà mise à profit par les copains de Green Day, le côté adolescent en moins.

« Hard Times and Nursery Rhymes » démarre crânement avec un instrumental entre punk et surf music (« Road Zombie ») comme un générique où l’on imagine le groupe arpentant les coulisses pour atteindre la scène avant d’aborder les choses sérieuses avec « California (Hustle and Flow) », un rock au classicisme millésimé. Riff plus basique tu meurs, refrain piqué aux Stones et breaks à AC/DC, on boit du petit lait. La voix de Mike Ness est fidèle à elle-même, monocorde et mélodieuse à la fois, ça commence bien !

Mais ce n’est pas fini… « Gimme the Sweet and Lowdown » passe la vitesse supérieure en reprenant tous les codes du punk rock californien sur une mélodie imparable avant de plonger tête baissée dans le pub rock avec « Diamond in the Rough ». On hoche la tête en rythme, un sourire béat sur le visage et on se ressert une bière pour la peine, juste pour le plaisir de lever son verre bien haut dans un élan de fraternité ! Cliché certes, mais certains clichés ont l’avantage de rappeler de bon souvenirs…

Quelques ballades se promènent également sur cet album, comme ce « Bakersfield » qui taquine une country électrifiée ou encore « Writing on the Wall » qui sonne franchement Springsteen, ce qui ne devrait pas déplaire au Boss qui a toujours revendiqué un amour inconditionnel pour Social Distortion. Et en parlant de références, soulignons la reprise de « Alone and Forsaken » d’Hank Williams, revisitée et modernisée par le groupe de la même manière qu’ils avaient dynamité le « Ring of Fire » de Johnny Cash. Anecdotique mais efficace.

« Hard times and Nursery Rhymes » se conclut par un morceau au titre évocateur, « Still Alive », sorte de manifeste destiné à tous ceux qui avaient un peu prématurément enterré Mike Ness, joué pied au plancher comme si le gars avait encore vingt ans. Encore une fois, nous sommes loin d’une révolution musicale mais quel pied ! Le chemin le plus court entre deux points reste la ligne droite et c’est bien cette route qu’emprunte Social Distortion tout au long des onze titres de cet album rafraîchissant et sans prise de tête, au son vintage et direct. À écouter d’urgence.
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