Slash - "R & Fn' R"

Par Scred | le 06/04/2010 | Les autres articles sur le Hard Rock

Le gibus s'lâche!
Je me dois d’allumer un cierge ce soir en l’honneur du Dieu du rock n’ roll car oui, mea culpa, je n’y croyais pas...
Slash - "R & Fn' R" Après le Snakepit, après Velvet Revolver, après les albums anecdotiques de Duff McKagan, après surtout le « Chinese Democracy’s lonely heart club band », j’avais fait mon deuil de Guns n’ Roses. Ces mecs étaient apparus de nulle part avec une paire de disques comme on en a plus fait depuis (« Appetite for Destruction/ Gn’R Lies »), avaient eu leur moment de gloire en deux volumes qui commençait déjà à sentir le roussi (« Use your Illusion ») et s’étaient dissous dans la nature à la manière d’un rêve après la première clope du matin...

Depuis, chacun de son côté (et pas toujours très loin des autres) avait tenté de ranimer la flamme au bout du canon mais sans succès, un truc manquait... Certes, quelques bonnes chansons furent enregistrées (surtout par Slash il faut bien l’avouer) mais rien qui donne vraiment envie d’y revenir.

Jusqu'à aujourd’hui.

Aujourd'hui Slash nous balance « R & Fn’ R », comprenez « Rock and Fucking Roll », un concept album longtemps surnommé « Slash & Friends » et pour cause... Le guitariste au chapeau a fait appel à sa bande de potes (des petits nouveaux du genre Lemmy Kilmister, Iggy Pop, Ian Astbury, Ozzy Osbourne ou encore Dave Grohl...) qui apparaissent en invités sur chacun des morceaux de ce joyeux bordel qu’il faut bien appeler un album, faute de mieux.

Cela aurait pu n’être qu’une simple compilation de curiosités, c’est même ce que vous pourrez lire chez la plupart de mes collègues et pourtant il n’en est rien ! La magie du truc ne se situe pas dans le son de Slash, étant donné qu’il n’en a jamais changé (même pas avec Michael Jackson, c’est dire !), ni dans la brochette de cadors du rock qu’il a recruté pour l’occasion. Le secret réside dans cette écriture qui lui faisait défaut depuis ce divorce jamais vraiment digéré avec Axl Rose, car « R & Fn’ R » n’est rien d’autre qu’une collection de « putain de bonnes chansons » comme dirait Lemmy !

Et ça commence avec la voix de The Cult, Ian Astbury, sur un riff maison qui sent bon les éclaboussures de Jack Daniel’s et la crasse des clubs de Los Angeles... Astbury invoque le fantôme de la fin des années 80 (« Ghost ») qui se planquait dans notre âme depuis tout ce temps, c’était donc ça ! Une fois l’ectoplasme en liberté, le voilà qui rejoint l’un de ses prêtres favori, le prince des ténèbres Ozzy en personne pour un « Crucify the Dead » d’une logique implacable, quand on y réfléchit...

Et puis sans prévenir, LA bonne surprise de l’album nous déboule dans les oreilles précédée des gémissements lascifs de Fergie (Black Eyed Peas) qui avait déjà prouvé qu’elle avait le rock dans le sang avec sa reprise récente de « Paradise City ». Cette fois-ci, le brûlot s’appelle « Beautiful Dangerous » et fait des clins d’oeil très appuyés en direction d’un certain « Mr Brownstone »... Et c’est pas fini ! Myles Kennedy (la probable future voix de Velvet Revolver) nous assène un « Back to Cali » où le blues n’a jamais autant mérité son nom de musique du diable (« the angel city where the devil play... ») suivi d’une « Promise » que s’empresse de tenir Chris Cornell et d’un « Doctor Alibi » hilarant où Lemmy Kilmister règle ses comptes avec tous les médecins qui l’ont enterré un peu vite, tout simplement jouissif !!!

Bon, certes il y a du déchet, sur quatorze titres c’était couru d’avance... On se serait bien passé de Kid Rock ou de Rocco Deluca par exemple ! Mais qu’importe. Depuis quand n’avait-on pas entendu une ballade du calibre de « Gotten » par Adam Levine (Maroon 5) avec ses accents « I remember you » de Skid Row ?

Allez, ne boudons pas notre plaisir, ce disque est une merveille d’autant plus géniale qu’on s’attendait à un plantage en règle de Slash sur ce coup-là...

Disque du mois et même de l’année jusqu’à présent !
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