Slash - "Apocalyptic Love"

Par Scred | le 15/05/2012 | Les autres articles sur le Hard Rock

Appetite For Repetition
Le nouvel album de Slash nous pose un problème… Comment rester complètement objectif vis à vis du bonhomme ? Pas évident, le gars ayant influencé une bonne moitié des guitaristes aujourd’hui trentenaires par son jeu, son attitude et surtout les chefs d’œuvre qu’il a signé en son jeune temps. Du coup, à chaque nouvelle livraison, on attend avec angoisse le successeur d’un album comme « Appetite For Destruction » et forcément, on est déçus.
Slash - "Apocalyptic Love" « Apocalyptic Love » ne déroge pas à la règle. Pochette tellement cliché qu’elle en devient sexy (pin ups dénudées en mode ange et démon lascivement enlacées autour d’une Les Paul, crânes, serpents, gibus, manquent juste à l’appel une clope et une bouteille de Jack Daniel’s), riffs tournoyants, wah wah à tous les étages, c’est signé, on est en terrain connu. Mais est-ce à la hauteur de la traînée de poudre laissée par ces flingues qui aimaient à frayer avec des roses ?

Le précédent effort de Slash avait pour lui l’originalité de l’aspect collaboratif du projet, impossible de se lasser lorsque chaque chanson propose un invité prestigieux différent, un petit coup de Lemmy par ci, un tour de piste d’Ozzy par là et tiens, Fergie traîne sur celui-ci, on avait le choix et même au delà. « Apocalyptic Love » quant à lui débarque avec l’ambition de tenir tout un album avec le même personnel, succédant au fameux Slash’s Snakepit dans l’esprit, et là ce n’est pas la même mayonnaise.

Dès le premier titre qui donne son nom à l’album, les ambitions de Slash sont claires, remettre au goût du jour un rock efficace et direct, hérité de ses idoles de toujours, les Aerosmith et autres Rose Tattoo. Ça tourne, pas de problème, un riff binaire qui tape là où on aime, le son de guitare inimitable du maître, organique à souhait, et Myles Kennedy qui fait ce qu’il sait faire de mieux. Ok, on prend.

« One Last Thrill » accélère un peu le tempo, histoire de secouer un peu les cheveux et de taper du pied, on ne tient pas encore un hymne mais cela reste excitant à l’oreille. Puis, « Standing In The Sun » tente de nous rejouer le « Ghost » de l’album précédent et la lassitude commence à poindre le bout de son nez crochu… Est-ce l’insupportable répétition des vocaux de Kennedy qui chante toutes les chansons de la même façon, le pénible chorus sur sa voix sur tous les refrains de l’album, le sentiment que chaque morceau a déjà été entendu ailleurs ? Je ne saurais dire. Toujours est-il que l’on s’ennuie un peu.

Un peu beaucoup même. Quelques titres sauvent un peu la baraque, comme « Hard & Fast » qui évoque brièvement un certain « Move To The City », « Shots Fired » qui reprend les choses là où « Use Your illusion » les avait laissées, « Anastasia » ou encore « Halo » avec leurs riffs suffisamment accrocheurs pour vous donner un petit goût de revenez y mais c’est à peu près tout…

Que les choses soient bien claires, en lui même « Apocalyptic Love » n’est pas un mauvais album, c’est juste que l’on attend mieux de la part de l’homme au Gibus, des titres plus forts, un peu de souffre, de scandale, de crasse au lieu de cet ensemble trop propre pour être réellement rock n’ roll. C’est bien beau d’arrêter la drogue, l’alcool et les filles, c’est très sain et je le recommande à tout le monde (surtout la drogue), mais dans ce cas, il faut aussi oublier de se la jouer mauvais garçon et assumer son côté rangé des Harleys.

C’est donc un journaliste déçu qui referme cet album avec le sentiment que, décidément, il n’arrivera plus le petit frère des albums de Guns n’ Roses. C’est ainsi. Enfin, on continuera à rêver quand sortira le prochain, on est comme ça, incorrigibles…
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