Serj Tankian au Zénith - 19/10/12

Par Scred | le 04/11/2012 | Les autres articles sur le Métal

Le Grand Serj
« Tu crois qu’il va jouer du System ? » Cette phrase, si je ne l’ai pas entendue dix fois dans les allées de La Villette, sur le chemin boisé qui mène au Zénith de Paris, alors je ne l’ai pas entendue du tout ! Symptôme of a Down, le public venu applaudir Serj Tankian ce soir est avant tout là pour retrouver le leader de SOAD, comme en témoignent d’ailleurs les centaines de T-Shirts à l’effigie du groupe qui m’entourent alors que je me fais cette réflexion. C’est parfaitement compréhensible mais complètement injuste, comme nous allons le voir pas plus tard que tout de suite !
Car certes, si Serj Tankian incarne mieux que chacun des autres membres de System Of A Down l’essence de la musique du groupe, ce serait oublier un peu vite l’extraordinaire qualité de sa production solo, et notamment du petit dernier « Harakiri » qu’il est venu défendre ce soir accompagné des géniaux Viza, un groupe qu’il chaperonne depuis quelques années déjà et dont nous vous avions parlé dans ces pages !

Et de fait, c’est une réelle bonne surprise de retrouver Viza sur scène après les avoir découvert sur album (« Made In Chernobyl –2010)… Leur rock balkanique biberonné au punk et aux musiques traditionnelles slaves fait merveille en live, l’énergie est bien là et transpire au travers de titres comme « My Mona Lisa », « It’s All Wrong », la reprise d’ « Alabama Song » des Doors ou encore « Viktor » qui voit l’ami Tankian monter sur scène en avance pour partager les vocaux avec Knoup Tomopoulos (à vos souhaits)! Une belle preuve de générosité et de simplicité de la part d’une tête d’affiche, suffisamment rare pour qu’on puisse le noter.

Du coup, c’est complètement relaxé que Serj Tankian débarque sur scène quelques minutes après la fin du set de Viza, entamant son concert par les furieux « Figure It Out » et « Cornucopia », tous deux tirés du nouvel album, qui reçoivent un accueil plus qu’enthousiaste de la part de la foule, donnant ainsi le ton de la soirée… Oui le dernier album de Serj Tankian est une bombe et oui, ce soir, on va prendre du bon temps tout en éduquant un peu les masses…

Car c’est bien ce qui domine la performance du chanteur américano-arménien, un besoin viscéral de dénoncer les aberrations du monde moderne, crimes contre la planète (« Harakiri »), disfonctionnements de la société (« Feed Us », « The Unthinking Majority »), guerre (« Occupied Tears »), tout y passe, avec s’il vous plait une petite introduction expliquant le pourquoi du comment de telle ou telle chanson. Certains détestent, personnellement j’adore.

Et puis il y a les moments d’anthologie où le talent de mélodiste de Tankian allié à ses textes acerbes et à son charisme foudroyant vous clouent sur place, telle cette version enrichie de « Elect The Dead » atteignant des summus d’intensité dramatique, « Butterfly » avec son refrain cinglant, « Praise The Lord And Pass The Ammunition » où le grand Serj tire à boulets rouge sur son propre pays en notant la place inquiétante de l’éducation par rapport à la religion et à l’amour des flingues et enfin, cerise sur le gâteau, un petit « Aerials » des familles en guise de conclusion histoire de contenter les fans hardcore de SOAD.

Au final, on ressort de la salle gonflé à bloc, prêt à jurer que la séparation de System Of A Down aura causé plus de bien que de mal et impatient de voir ce que l’ami Serj saura nous sortir du chapeau la prochaine fois. Car c’est bien de cal qu’il s’agit, « the beauty of a moth turned butterfly ».


Photos
© P.Cremin - www.blackstage-photography.com
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