Santana – « Guitar Haven »

Par Scred | le 15/09/2010 | Les autres articles sur le Rock

Guitar Desperado
Les albums de reprises ont tendance à se multiplier ces derniers temps, avec plus ou moins de bonheur selon celui qui s’y colle, cela dépend essentiellement de la manière dont l’interprète décide d’aborder le problème.
Santana – « Guitar Haven » Soit il décide de revisiter complètement la musique des autres, ce qui peut donner des merveilles (citons le « Rock n’ Roll » de John Lennon) ou des horreurs (comme le récent désastre de Peter Gabriel, « Scratch my back »), soit il prend le parti de rendre hommage au morceau original en y apportant une touche personnelle sans pour autant sortir trop du rang.

Carlos Santana a décidé de faire un peu les deux sur ce « Guitar Haven » (sous-titré en toute simplicité « The greatest guitar classics of all time ») en nous proposant onze reprises de titres dont la réputation n’est plus à faire auprès des guitaristes du monde entier. Je vous l’accorde, il y a de quoi être septique devant l’hideuse pochette de l’album et son titre plus proche d’une compilation de grande surface que d’un véritable disque de rock mais patience… Il s’agit de Santana, ne l’oublions pas.

Et Santana, c’est avant tout un son, une saturation sauvage et organique, un touché à la fois crade et limpide qui se reconnait entre mille. Ce style inimitable, on le retrouve sur chacun des morceaux qui composent cet album, enfilant les boots de Jimmy Page en compagnie de Chris Cornell (Soundgarden) sur un « Whole lotta Love » dantesque, Santana s’amuse à jammer tout le long de la chanson comme tout guitariste a déjà dû le faire en écoutant l’original, dynamite le « Can’t you hear me knocking » des Rolling Stones à grand coups de solos meurtriers ou encore redonne un peu de mordant au poussiéreux « Smoke on the Water » de Deep Purple qui en avait bien besoin.

Dans la plupart ses interprétations, Santana reste assez proche de l’esprit des titres, se permettant juste de relever la sauce avec un soupçon de percussions latinos (sur l’étourdissant « Sunshine of your love » dont on pensait pourtant avoir été sevrés ou encore sur le « Riders on the storm » des Doors avec un Ray Manzarek toujours vert à l’orgue) ou quelques solos bien placés (« Little Wing » avec Joe Cocker, grand spécialiste de la discipline).

Sur les quelques prises de risques cependant, il faut avouer que le résultat n’est pas très probant, ainsi « Back in Black » d’AC/DC se fait massacrer avec la complicité de Nas qui porte décidément bien son nom et on aurait également pu se passer du « Bang a Gong » de T-Rex en version Fajitas !

En revanche, il aurait été dommage de passer à côté de la version d’ « I ain’t superstitious » de l’immense Howlin’ Wolf où Santana et l’ami Jonny Lang se livrent un duel impitoyable sur le thème « tu l’as vu mon micro aigu » ! Bien dommage en effet, d’autant que je vous ai gardé le meilleur pour la fin, un morceau incongru au milieu de cette avalanche d’hymnes, j’ai nommé « Photograph » des injustement sous-estimés Def Leppard ! Oui, vous avez bien lu, les dieux du hard FM ont droit à leur place au panthéon de Carlos Santana ! Alors, on rigole moins devant ma réédition de « Pyromania », mmh ?

Seul absence regrettable au sein de cette collection de titres majeurs, un petit « Soul Sacrifice » ou même « Europa »… Que voulez-vous, l’homme est trop modeste pour cela.
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