Ryan Bingham & the Dead Horses - "Junky Star"

Par Scred | le 09/09/2010 | Les autres articles sur le Folk

Etoile montante
Après le déluge de décibels de ces dernières semaines, j’avais envie de vous emmener quelque part au calme, sur les routes poussiéreuses arpentées par l’un des meilleurs espoirs du country folk américain et prétendant sérieux au titre de petit fils préféré de Bruce Springsteen, j’ai nommé Ryan Bingham.
Ryan Bingham & the Dead Horses - "Junky Star" Le jeune homme ne sort cependant pas de nulle part… Déjà responsable de deux albums dont le très remarqué « Mescalito » en 2007, il a été également sollicité pour participer à la bande originale du film « Crazy Heart » sur laquelle il signe la sublime ballade « The Weary Kind » (incluse en bonus sur l’album qui nous intéresse ici). Précisons également pour situer le personnage que le producteur de Ryan Bingham n’est autre que Marc Ford, guitariste historique des Black Crowes et que le fils de ce dernier, Elijah, est guitariste au sein des Dead Horses.

Un petit vent du sud souffle donc sur la musique de Ryan Bingham, juste une légère brise au parfum de bourbon qui vient réchauffer les mélodies limpides et mélancoliques du jeune barde qui puise la plus grande partie de son inspiration dans l’œuvre de Bob Dylan et de Bruce Springsteen.

Cela est très net sur des titres comme « The Poet » qui aurait pu figurer sans le moindre problème sur le « Blood on the tracks » du Zim‘ par exemple, ou encore « Yesterday’s blues » qui quant à lui trouverait sa place sur « The River » du Boss sans se forcer.

Vocalement, c’est tout de même de Springsteen que Ryan Bingham se rapproche le plus, avec son timbre usé qui semble chargé de souffrances et de solitude, ce qui est d’autant plus étonnant que l’intéressé n’a même pas soufflé ses trente bougies ! Bruce Springsteen a mis dix ans pour chanter comme ça alors que Ryan Bingham nous emmène directement sur ses sentiers de la perdition avec des titres comme « Lay my head on the rail » ou « Junky Star » qui résonnent d’une authenticité indéniable.

Le tempo s’accélère un peu lorsqu’il s’essaye à un country folk imprégné de blues sur « Strange feelin’ in the air » ou le très Dylanien « Direction of the Wind », mais la tonalité générale de ce « Junky Star » reste la rêverie, assis au bord de la route avec une guitare en bandoulière, le regard perdu dans l’infini de la plaine déserte, attendant le passage d’un hypothétique véhicule qui pourrait nous prendre en stop jusqu’à la prochaine ville (« The Wandering »).

Un dernier mot sur « Hallelujah », qui n’est pour une fois pas une énième reprise du classique de Leonard Cohen, mais bel et bien une composition originale où Ryan Bingham s’applique à déposer sur un arpège lumineux l’une des plus belles mélodies de l’album et où il semble se détacher un peu de ses prestigieux aînés en mettant à jour un style plus personnel.

« Junky Star » est donc un album complet, intime et empreint d’une émotion non feinte, un truc typiquement américain (d’où cette appellation de musique Americana qui veut dire tout et son contraire) qui vous fera passer un vrai beau moment à chaque écoute. Ce n’est pas si souvent, profitons-en !
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