Ronnie James Dio est mort

Par Scred | le 17/05/2010 | Les autres articles sur le Métal

Heaven or hell ?
Il y a beaucoup de figures marquantes dans l’histoire du heavy metal, des personnages grandiloquents comme Ozzy Osbourne ou les mecs de Kiss, des excessifs à la Lemmy, des pas fréquentables comme le furent un certain gang de gunners de Los Angeles bref, on en trouve pour tous les goûts et surtout de toutes les couleurs…
Ronnie James Dio est mort Dans cette galerie de monstres dignes du Muppet Show, il y a pourtant quelques gentlemen et le plus grand d’entre eux s’appelait Ronnie James Dio.

Dio nous a quitté cette nuit à 67 ans, vaincu par une saloperie de crabe qui lui bouffait l’estomac depuis plusieurs mois, entouré par sa femme et ses amis dans un hôpital de Houston au Texas.

Mikkey Dee (Motörhead) m’avait confié que pour lui, Ronnie James Dio était « le mec le plus gentil de tout le rock business ! » Une gentillesse complétée par un sens de l’humour et une capacité d’autodérision sans limites puisqu’il jouait encore récemment son propre rôle en tant que poster (!) dans le film de Jack Black « The Pick of Destiny ». Jack Black et son groupe Tenacious D qui lui avaient d’ailleurs déjà rendu hommage dans leur premier album avec une chanson au titre sans ambiguïtés, « Dio ».

Au début de sa carrière, Ronnie James Dio était chanteur pour divers groupe, dont le fameux Butterfly Ball de Roger Glover (« Love is all », c’est lui !) et Elf avant d’être repéré par Ritchie Blackmore (Deep Purple) avec qui il fondera le groupe Rainbow. Quatre albums (dont le culte « On Stage » en 1977) plus tard, Dio décide de voler de ses propres ailes sombres et rejoint les mythiques Black Sabbath qu’Ozzy Osbourne vient de quitter.

Le résultat de cette prestigieuse collaboration prendra à nouveau la forme de quatre albums, qui comprendront trois des meilleurs du Sab’ (« Heaven & Hell » - 1980, « Mob Rules » - 1981, « Dehumanizer » - 1992), excusez du peu. Ses costumes de scène mystiques et élégants ainsi que son attitude plus sobre que celle de son maléfique prédécesseur et sa voix unique gagnent très vite le cœur des fans…
Après une embrouille avec le très caractériel Tony Iommi, il quitte Black Sabbath pour former le groupe qui occupera la majeure partie de sa carrière (de 1982 à aujourd’hui), le bien nommé Dio avec qui il enregistrera pas moins de dix albums dont les excellents « Holy Diver » (1982), « Dream Evil » (1987), ou encore « Killing the Dragon » (2002).

Récemment, Dio s’était réconcilié avec Iommi et ils avaient ensemble sorti un album tout droit puisé au cœur des flammes de l’enfer, « The Devil you know » sous le nom de Heaven & Hell (une référence au premier album enregistré par Dio avec Black Sabbath, le nouveau groupe reprenant la formation du Sab’ de l’époque).

Adoré et respecté par le public, la critique et le business du rock en général (ce qui, en soi, reste un exploit), celui qui a popularisé le « signe de la bête » pendant les concerts de metal va enfin savoir si une vie passée dans l’ombre du grand fourchu lui vaudra tout de même une place au paradis, s’il existe.

Et s’il existe, nul doute que le taulier aura suffisamment d’humour pour y accepter ce rocker au cœur énorme qu’était Ronnie James Dio.
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