Ringo Starr - "Ringo 2012"

Par Scred | le 27/02/2012 | Les autres articles sur le Rock

On prend le même...
Deux albums des derniers survivants de l’aventure Beatles à quelques semaines d’intervalles ? Et bien oui, il semblerait que l’horloge biologique des ex-Fab Four soit toujours synchrone. A la différence de son compère Paul McCartney, Ringo Starr n’a cependant pas cherché l’originalité et nous offre avec « Ringo 2012 » un gentil divertissement à l’image du personnage, décontracté, éternellement insouciant et absolument intemporel.
Ringo Starr - "Ringo 2012" En effet, une bonne partie des chansons présentes sur ce nouvel album aurait très bien pu être écrite, disons, il y a trente ou quarante ans ? C’est d’ailleurs le cas pour quatre d’entre elles, « Wings » (présente sur « Ringo The 4th » - 1977), « Step Lightly » (« Ringo » - 1973), toutes deux réenregistrées pour l’occasion, mais aussi « Think It Over », reprise de Buddy Holly et « Rock Island Line », un morceau traditionnel réarrangé par l’ami Starkey pour en faire un rock léger au parfum de nostalgie.

Le reste de l’album nous propose des chansons typiques du style de Ringo Starr, ritournelles pop impeccablement produites, sans prétention aucune, renouant avec les ambiances qui ont ancré la musique des Beatles dans la légende du rock n’ roll avec des titres comme « Anthem » qui ouvre l’album avec un kick de batterie repris (samplé ?) à « Glass Onion » pour enchaîner sur une mélodie très fortement inspirée de « Birthday » (Ringo se serait-il réconcilié avec le Double Blanc ?) pour nous parler de paix et d’amour, ou encore secouer les fantômes du passé sur « In Liverpool ».

Arrêtons-nous un instant sur cette chanson, autobiographie à la fois joyeuse et émouvante d’un jeune batteur évoquant ses souvenirs d’adolescence avec les « boys, acting like fools, living a fantasy », concluant chaque refrain par un « How was it for you » (« C’était comment pour toi ? ») que l’on pourrait croire adressé à son public, fidèle depuis si longtemps, mais que j’ai bien envie d’imaginer destiné à Paul McCartney, comme une main posée sur l’épaule du vieil ami. Tu te souviens Paul, les quatre garçons dans le vent ? C’était nous.

Ceci dit, et après avoir écrasé ma petite larme, achevons d’enfoncer des portes ouvertes, après tout cela fait moins mal que si elles étaient blindées. La voix de Ringo ne bouge pas d’un iota, ni mélodieuse, ni impressionnante de puissance, c’est juste lui, un timbre identifiable entre mille que ses petits camarades de jeu réservaient aux chansons légères à la grande époque, sans se douter que le rigolo de la bande serait le dernier à entretenir la flamme et à conserver ce sourire narquois sur les pochettes d’album qui faisait le charme des Beatles.

Et puis, « with a little help from my friends » oblige, quelques bons copains sont venus donner la main histoire de parfaire le tableau, Dave Stewart et Kayne Wayne Shepherd à la guitare, Don Was à la basse ou encore Joe Walsh (Eagles, également beau frère de Ringo), ce qui contribue à la très grande qualité générale de cet album, absolument pas inoubliable ni indispensable, juste agréable et sympathique. Comme Ringo.
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