Retro-CD: Stiff Little Fingers « Inflammable Material »

Par Scred | le 15/09/2009 | Les autres articles sur le Rock

Allumer le feu
Aujourd'hui Jeudi 19 mars 2009, jour de grève nationale et de colère générale, j'ai décidé d'apporter mon pavé à la cause! Pendant que le peuple enfin réveillé va signifier à son Nabot-léon à quel point il en a marre d'être gouverné par une caricature vulgaire de parvenu fascisant et démago, je m'en vais monter le volume et faire profiter la rue d'un des meilleurs albums de révoltés de l'histoire du rock...
Retro-CD: Stiff Little Fingers « Inflammable Material » D'ailleurs, c'est écrit sur la pochette, sans ambiguïtés. "Inflammable Material" accompagné du logo en forme de petite flamme, comme sur les bidons d'essence, c'est clair non ?

Ce disque est un cocktail Molotov pour les oreilles, plus virulent que les Clash, plus ciblé que les Sex Pistols, et plus pertinent que tout le reste. Punk obligatoirement. Paru en 1979, il est l'œoeuvre d'un gang irlandais aux prises avec les tensions violentes qui enflammaient le pays à l'époque, d'où son authenticité et le sentiment d'urgence qui frappe comme une matraque à la première écoute. Treize titres qui sentent la poudre et qui pourraient servir de bande son à toute bonne manifestation qui dégénère... Servis par une production plus que sommaire qui accentue l'aspect brutal de la chose, " Inflammable Material " contient beaucoup de fausses notes et c'est fait exprès !

La voix de Jake Burns (ça ne s'invente pas) y contribue d'ailleurs largement... Eraillée, rageuse, toujours à la limite de l'extinction, elle éructe ses message comme on crache au visage. Ecoutez donc " Suspect Device " (" Colis suspect "), " Here We are Nowhere " (" Nous voici nulle part ") ou encore " Wasted Life " (superbe brûlot antimilitariste) pour avoir une petite idée de ce que le mot sincérité veut dire.

Mais outre un son brut et direct, les Stiff Little Fingers proposent également des textes à la hauteur de leur dégoût de la société, tels que " State of Emergency " (" Etat d'urgence "), " No more of that " (" Plus jamais ça ", un message repris à leur compte des années plus tard par leur cousins éloignés du Suprême NTM), " Law and Order ", ou " Alternative Ulster " (qui dresse un constat sanglant de la situation irlandaise). Une petite reprise est également au programme, inattendue et bienvenue, le " Johnny Was " de Bob Marley (lui aussi un grand révolutionnaire) qui raconte l'histoire d'une mère qui pleure son fils tombé sous les balles en pleine rue.

Kingston ou Belfast, mêmes combats, mêmes drames.

Citons enfin le petit défouloir qui accompagnera à merveille la première charge de CRS en fin de manifestation, " White Noise ", un morceau qui a dû influencer un paquet de jeunes groupes de punk rock américain, de Green Day à No FX en passant par Rancid. De la balle je vous dis, du 9mm au minimum.

Alors voilà, si vous voulez prolonger le soulèvement populaire depuis chez vous, essayez de vous procurer cette perle que dis-je, ce chef d'œoeuvre du punk qu'est " Inflammable Material ", un album à écouter le poing tendu, la bave aux lèvres et la rage au ventre, toujours autant d'actualité alors qu'il fête cette année ses trente ans.

C'est bien le problème d'ailleurs...
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