Rétro CD: "Powerage" d'AC/DC

Par Scred | le 15/09/2009 | Les autres articles sur le Hard Rock

Les deux doigts dans la prise
Gaffe à la joute!
Rétro CD: "Powerage" d'AC/DC Normalement, quand on met ses deux doigts dans une prise d'abord ça pince, ensuite ça secoue et enfin ça brûle...

Le pincement, c'est la pochette. J'suis certain qu'elle fait encore débat chez les fans, et qu'elle a dû faire fuir un paquet de gens, et pourtant... Rarement un disque aura été mieux décrit par sa couverture !!! OK le logo du groupe est moche et le photomontage est un poil kitchouille mais vous z'avez vu le regard d'Angus Young?

On dirait un savant fou testant sur lui même une de ses créations barges, et comme par hasard c'est exactement ce qui arrive...

Petit rappel historique: nous sommes en 1978, AC/DC en est à son quatrième album en trois ans,et n'a plus rien à prouver tant les futurs "classiques" s'accumulent déjà dans le cartable du petit écolier cornu. Leur seul défaut : leurs disques ressemblent plus à des collections de chansons géniales qu'à des albums où l'on sent une vraie unité, un progression dans l'histoire, un concept quoi... Vous me direz, surtout ceux qui croient ne pas aimer AC/DC, qu'on s'en fout un peu de l'unité d'un disque de hard rock... Ben la voilà la connerie à pas faire, considérer nos australiens remuants comme un simple groupe de hard rock...

Pardonnez moi de vous asséner une évidence comme un piano sur un yorkshire, mais AC/DC, c'est un Blues Band ! Et le regard d'Angus sur la pochette dont nous parlions quelques lignes plus haut, c'est celui de Screaming Jay Hawkins, de Chuck Berry ou de Muddy Waters ! Halluciné, possédé par le Hoodoo, remarquez que le courant lui vient sur sol et pas du ciel...

La secousse, quand le courant atteint votre cerveau, c'est la première écoute des dix chansons de cet album ( et très curieusement il en manque une sur l'édition CD, "Cold Hearted Man", à télécharger à part si vous z'avez plus votre platine vinyle !!!) On commence par "Rock n' roll Damnation"... Tout est dans le titre. Une chanson parfaite pour commencer un concert et de fait, grâce à la remasterisation récente du CD, on a vraiment l'impression que les gars sont dans la pièce, ça tape du pied, c'est juste GRAND."Down Payment Blues" assure une transition élegante et LÀ on sent que quelque chose a changé... Un blues nerveux, enraciné dans le bayou cajun et pétaradant comme un texan, avec la touche soul de Chicago, la route du blues en une chanson, de la folie j'vous dit ! "Gimme a Bullet" enfonce le clou, ça enchaîne et on les voit s'asperger de flotte entre les morceaux parce que ça donne chaud mon pote..."Riff Raff", et la métamorphose est accomplie. Nous sommes en présence d'un disque culte, y'a plus de doutes... ça sent le live, je défie quiconque de ne pas taper du pied frénétiquement en écoutant ce truc là !!!! Encore une histoire de voyous, de bagarres et de picole... Mais le solo, les enfants... La guitare du père Young est branchée sur du triphasé et ça fait des étincelles, un des meilleurs chorus de l'Histoire du Rock.

Rien que ça. Ben écoute si tu m'crois pas ! "Sin City"... Pour la petite histoire, Iron Maiden avoue s'être inspiré de l'intro de ce titre... La basse ronfle comme un moteur de pétroleuse (qui fait "Yeah", je le rappelle...), la voix de Bon Scott se fait inquiétante, vicieuse comme de raison, waow ça file la chair de poule. "What's next to the moon" en est la suite logique. Bonny a fui la ville du péché et se retrouve sur l'autoroute de ses emmerdes à hurler "It's love that I want"... Roadsong par excellence, à éviter en conduisant si on veut pas faire péter les radars !

"Gone Shootin'" est la réponse au "Gimme a Bullet" de tout à l'heure... On calme le jeu en apparences, notre ami commun a trouvé ses balles, chargé son flingue et se trimballe avec dans le ceinturon le long des rues crados d'une ville inconnue à la recherche de sa prochaine victime... Que de métaphores mes enfants pour décrire les errances sexuelles d'un gars sacrément en manque, on touche au génie. "Up to my neck in you" et on commence à atteindre la troisième étape d'une électrocution dans les règles de l'art. On crame. Le corps ne s'appartient plus et on saute partout en tapant des pieds, on hoche du chef, on branle le chef, on fait plein d'autres trucs au chef tellement elle est bien gaulée, "up to my neck in you", y'en a partout !!! "Been up to my neck in wishing that this life wasn't mine", le cri est limpide, tout plein de cette urgence que j'aime passionément!

Et enfin "Kicked in the teeth", qui porte au moins aussi bien son nom que la pochette décrit le disque tout entier... Les rideaux brûlent ça y est, on s'en tape, comme ça les voisins verront à quel point c'est BON d'être un rocker, de s'éclater dans la vie, la fenêtre ouverte en grand pour que TOUTE LA RUE profite de la musique !!!! Yo vas y CHAUFFE MALCOLM, rhââââ ce riff... De la gratte à l'ampli, direct comme ça, sans capote, c'est booooooon !!!!! Ouf, c'est fini...

Le silence qui suit un album d'AC/DC est aussi d'AC/DC et ressemble étrangement à celui qui suit l'amour. C'est apaisant et chaud. L'avantage avec AC/DC, c'est que t'es sûr que ça va durer 39 minutes et quarante cinq secondes à chaque coup !!! Plus sérieusement, c'est un vrai disque d'anthologie, une sorte d'état de grâce dans la carrière du groupe et une jolie porte d'entrée à leur univers musical vu que, vous connaissez ma devise, "tout le monde devrait les aimer"!

Tout ça pour vous dire, réhabilitons "Powerage", cet album qui n'eût de tort que de sortir juste avant un certain "Highway to Hell"... Pas évident d'avoir un p'tit frère aussi talentueux et je sais de quoi je parle!
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