Rétro-CD Janis Joplin "Pearl" Legacy Edition

Par Scred | le 15/09/2009 | Les autres articles sur le Rock

Kozmic Blues...
J'ai un blues d'enfer aujourd'hui. En même temps c'est de ma faute, j'avais qu'à pas remuer le couteau dans la plaie... Faut être abruti aussi.
Rétro-CD Janis Joplin "Pearl" Legacy Edition Qu'est-ce qui m'a pris d'acheter un DVD de Janis Joplin en concert ?

D'accord, il était à 5€, dans le genre achat compulsif il y a plus ruineux. J'avais un pressentiment malgré tout... J'ai mis trois semaines à la regarder, comme si je me doutais que ça tournerait mal. J'ai tenu bon jusqu'à " Work Me Lord " enregistré à Woodstock, et là j'ai craqué... Comme une vague de tendresse et un sentiment d'injustice qui se mélangent pour former un tsunami d'émotions, j'ai chialé comme un con.

Faut dire, qu'est ce qu'elle était belle dans ses fringues multicolores, les cheveux décoiffés avec cette détresse dans le regard et cette urgence dans les gestes... Elle était LA femme, libre, fière, une déesse païenne. Janis chantait le blues comme ses aînées Bessie Smith et Billie Holliday, un blues qu'elle a transmis au monde entier le jour où elle a tiré sa révérence en laissant définitivement son cabriolet psychédélique au garage.

Bon, c'est vieux tout ça, pourquoi est-ce que c'est censé nous toucher autant aujourd'hui ? Parce qu'à l'heure où la musique est devenue une marchandise, où des émissions de télévision essaient de faire des " stars " de gugusses parfaitement banals et où on risque des sanctions pour avoir écouté de la musique sans montrer patte blanche, Janis nous manque d'une manière encore plus cruelle. Elle n'aurait jamais considéré ses chansons comme une marchandise, même aujourd'hui.

Elle avait d'instinct ce petit quelque chose que d'autres s'échinent à essayer d'apprendre, qui n'a rien à voir avec le talent (même si elle en avait à revendre) et surtout, si elle était encore de ce monde, elle s'en foutrait qu'on télécharge sa musique. Elle qui tenait table ouverte chez elle à San Fransisco, où il y avait toujours une cinquantaine de hippies affamés à nourrir qui la suivaient lorsqu'elle faisait son marché. Mais voilà, c'est fini tout ça...

Alors du coup, on se console en écoutant ses disques pour ce jamais sa voix ne s'éteigne, et notamment cette édition superbe de son testament musical, " Pearl ", remasterisé pour l'occasion et augmenté de versions alternatives de " Move Over ", " Cry Baby " et " My Baby " ainsi que de l'instrumental qui donna son nom à l'album, mais aussi et surtout par un live éblouissant enregistré au Festival Express en 1970 où Janis, à quelques mois de sa mort, donne tout et plus encore à son public. Comme toujours. Quand elle dit entre deux chansons " vous êtes tous invités à boire un verre à la maison ", ce n'était pas une façon de parler, elle le pensait vraiment. " J'habite à San Fransisco et je suis pas très dure à trouver ". Tu m'étonnes...

Sinon que dire de ce disque, le meilleur jamais produit par l'inimitable Paul A. Rothchild (déjà coupable du son des Doors) ? Qu'il contient quelques unes des plus belles perles de Pearl, du déchirant et autobiographique " A woman left lonely " au très ironique " Mercedes Benz " en passant par " Me and Bobby McGee " et son plus grand tube, " Move Over ", le tout n'ayant pas pris une ride. Il reste bien sûr un vide sur ce disque, le prophétique " Buried alive in the Blues ", un morceau instrumental puisque Janis n'a pas eu le temps d'y ajouter ses parties vocales...

On ne peut qu'imaginer ce que cela aurait donné.

C'est plus facile de l'écouter que de la voir en fin de compte. L'émotion est la même mais c'est plus simple à gérer. Mais bon, vous faites ce que vous voulez hein ? Il n'y a rien de mal à pleurer de temps en temps...
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