Regina Spektor - "Live in London"

Par Scred | le 22/11/2010 | Les autres articles sur le Pop

Baiser Russe
Vous est-il déjà arrivé de tomber amoureux d’une voix comme ça, sans prévenir ? De savoir que vous pourriez suivre cette voix au bout du monde sans hésitation ? De découvrir ensuite que le minois qui va avec est celui d’un ange à peine remise de son voyage depuis le paradis, un paradis peint en noir en blanc comme les touches d’un piano céleste…
Regina Spektor - "Live in London" Si ces émotions vous sont encore inconnues, il ne vous reste plus qu’à ouvrir grand votre porte et votre cœur à la musique de Regina Spektor qui nous offre, le temps d’un concert enregistré au légendaire Hammersmith Apollo de Londres, une petite parcelle d’Eden en 22 titres parsemés de plumes des ailes qu’elle doit planquer sous sa robe noire histoire de rester incognito.

On retrouve donc sur ce « Live in London » toute la grâce de la jeune trentenaire américano-russe, avec des chansons couvrant l’ensemble de sa carrière déjà riche, depuis « Samson » qui figurait sur son deuxième album « Songs » (2002) et qu’elle avait réenregistré sur le chef d’œuvre « Begin to Hope » en 2006 jusqu’aux petites merveilles issues de « Far », son dernier album en date (Disque du mois de Septembre 2009 ici même, faut-il le rappeler ?)

La musique de Regina Spektor hésite invariablement entre le chaud et le froid, comme une Vodka glacée avalée après un baiser à la russe brûlant de passion, alternant entre des chansons joyeuses aux mélodies évidentes (« On the Radio », « Folding Chair ») et des ballades romantiques sans jamais verser dans le pathos (« Blue lips », « Man of a thousand faces »), le tout enrobé d’une fine couche de malice où la voix de la belle pétille avec son accent unique (« Bobbing for apples ») et sait se faire sucrée même si la pilule est dure à avaler (« Ode to Divorce »).

Mais Regina Spektor, ce n’est pas qu’une jolie frimousse avec une voix originale, c’est aussi des textes brillants d’intelligence et de sensibilité à l’image de « Laughing with » ou encore « Us », des titres comme l’on peut apprécier pour la perfection de leurs mélodies comme pour les émotions que les mots qu’ils contiennent font naître en nous, une chose suffisamment rare pour être remarquée.

Mais nous parlons d’un concert ici, pas d’un simple « best of ». Ça donne quoi, Regina Spektor en live ? Et bien ça donne, tout court. Installée derrière son piano, elle chante comme si sa vie en dépendait avec une justesse qui donne des frissons au point que l’on se dit qu’en studio, elle ne doit jamais faire plus d’une ou deux prises. Accompagnée par des violons discrets et élégants et d’une batterie qui sait se faire oublier, présents uniquement pour mettre en valeur son timbre angélique et la caresse de ses doigts sur les touches du clavier, Regina Spektor créé le temps d’un concert un monde à elle qui éclipse le reste de l’univers.

Et comme elle a beaucoup d’humour, elle choisit de clore son set par une chanson country/casatchok intitulée « Love, you’re a whore » afin de faire redescendre la salle du petit nuage où chaque spectateur avait commencé à prendre ses aises, comme un réveil énergique sans être brutal, une façon de dire que la fête est finie mais qu’elle était réussie. Et bien réussie ! Ce « Live in London » est à recommander à tout le monde, chaleureusement et sans la moindre hésitation, que du bonheur je vous dis !
    Dîtes nous si vous avez aimé cet article.