Red Hot Chili Peppers - "I'm with you"

Par Scred | le 30/08/2011 | Les autres articles sur le Rock

Piments doux
Il est loin le temps où les Red Hot Chili Peppers faisaient figure de dangereux sales gosses tatoués, portés sur les orgies de sexe et de substances diverses, écumant les scènes du monde entier avec leur rock teigneux mâtiné de funk torride. C’était le bon temps ma pauvre Lucienne ! A cette époque, écouter les Red Hot Chili Peppers avait quelque chose de subversif. Même les ballades de nos apaches de service avaient un petit quelque chose de vénéneux, propre à relever la sauce au sens littéral du terme.
Red Hot Chili Peppers - "I'm with you" Or il est vrai que depuis « One Hot Minute » (1995 tout de même !), les Red Hot ont accomplie une mue les amenant à flirter dangereusement avec la ligne rouge du boy’s band à minettes, délaissant les eaux troubles de leur fusion de prédilection pour un pop rock relativement fadasse, alignant des titres agréables à l’oreille certes, mais désespérément banals et, comble de l’horreur, se ressemblant tous plus ou moins au point que l’on en vient à se demander pendant leurs concerts de quel album telle ou telle chanson est extraite. Uniformité fatale.

Du coup, lorsque l’on nous annonce le retour des enfants terribles de la côte ouest cinq ans après l’indigeste « Stadium Arcadium », on a du mal à ne pas hausser un sourcil circonspect… Avec raison d’ailleurs. Composé de quatorze titres, « I’m with you » a beau relever un peu le niveau avec quelques titres sautillants (« Factory of faith », « Goodbye Hooray », « Did I let you know ») assez bien foutus, d’autres plus lents non dénués de qualités (« Brendan’s death song », « Police station »), ce n’est pas encore ça qui fera oublier « Blood Sugar Sex Magik ».

Il est vrai que l’originalité d’un « Happiness loves company » qui semble s’être échappé du répertoire des regrettés Herman’s Hermits peut faire sourire, tout comme le groove ensoleillé de « Ethiopia » ou de « The adventures of Rain Dance Maggie », le premier single extrait de l’album, il n’en reste pas moins qu’on attendait bien mieux de la part des remuants californiens… Tout cela finit, une fois de plus, par se fondre dans le même moule et l’auditeur a énormément de mal à sortir de cet album avec un ou deux titres représentatifs en tête. Quant à avoir envie de remettre le couvert, ça c’est encore autre chose !

Je sais qu’il va forcément y avoir quelques inconditionnels qui vont crier au génie en écoutant ce disque, c’est leur droit le plus strict, pour ma part je passe mon tour. « I’m with you », s’il est loin d’être complètement raté, manque de l’ingrédient qui faisait le piquant des premiers albums des Red Hot Chili Peppers, ce petit facteur x qui vous faisait monter la sève dans le gouvernail et qui rendait excitante la musique des californiens. Je ne sais pas ce que contient la pilule ornant la pochette du disque mais si ça attire les mouches, c’est tout de même pas très encourageant, il serait grand temps de changer de prescription les gars !
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