Ray Lamontagne & The Pariah Dogs - "God willin' and The Creek don't rise"

Par Scred | le 18/08/2010 | Les autres articles sur le Folk

Airs Purs
Ray Charles Lamontagne avait un nom prédestiné à n’en pas douter. Obligé de se séparer de son deuxième prénom histoire d’éviter toute confusion, le jeune homme fait figure de petit miracle de la musique tout comme son illustre presque homonyme.
Ray Lamontagne & The Pariah Dogs - "God willin' and The Creek don't rise" D’après la légende, il était simple ouvrier dans une usine de chaussures lorsqu’il entendit à la radio une chanson de Stephen Stills qui lui fit tout plaquer pour se lancer dans la musique et l’écriture de chansons. Faut déjà avoir sacrément confiance en son talent !

En tout cas, bien lui en prit puisque trois albums plus tard (dont l’excellent « Gossip in the Grain » en 2008) au rythme d’un tous les deux ans, Ray Lamontagne nous revient avec son quatrième opus intitulé « God willin’ and The Creek don’t rise », un disque qui pourrait bien être le meilleur de sa carrière.

Pour situer le style du bonhomme, prenez une pincée de Ben Harper, une grosse louche de Crosby, Stills, Nash & Young, remuez le tout dans une marmite country folk en saupoudrant de soul régulièrement et ajoutez au dernier moment l’ingrédient principal, une voix bluesy, douce et abîmée comme pourrait l’être celle de Joe Bonamassa.

Cette recette complexe, Ray Lamontagne l’applique consciencieusement sur chacun des dix titres de cet album intemporel en variant les plaisirs de l’un à l’autre, passant d’une soul entraînante (« Repo Man ») à un folk mélancolique à la beauté triste (« New york City’s killing me ») en transitant par le blues le plus traditionnel qui soit (« Devil’s in the Jukebox », librement inspiré du « Last fair deal gone down » de Robert Johnson), harmonica en avant et slide guitar tout droit sortie du bayou à la clef.

On ne peut qu’être séduit par la pureté des mélodies de Ray Lamontagne, sur des morceaux comme « For the Summer » où l’on sent presque les rayons du soleil nous caresser le visage quand surgit un harmonica inattendu à la moitié de la chanson, ou encore sur le sublime « Like Rock & Roll and Radio » qui se rapproche sans aucun complexe des meilleurs moments d’un Neil Young au sommet de son art.

Le reste de l’album navigue entre ombre et lumière, nostalgie et espoir, entre la brillance d’une Pedal Steel et la souffrance dans la voix du chanteur (« This love is over »), l’apparente gaieté d’un banjo sur une mélodie légère et la gravité des paroles (« Old before your time ») avec comme seul point commun l’intonation gracieuse de Ray Lamontagne et son talent d’écriture qui force le respect.

Décidément, après plusieurs décennies où le petit monde de la folk music avait été un peu écrasé par la personnalité de ses idoles indéboulonnables, Dylan et Young en tête d’affiche, il semblerait bien que la relève tienne le coup et que les dix prochaines années aient une chance de sentir le bois verni et l’acier des cordes qui reste sur le bout des doigts…

Quoi qu’il arrive, il est certain qu’il y fera bon respirer les airs purs de Lamontagne !
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