Ray Davis - "See my friends"

Par Scred | le 10/11/2010 | Les autres articles sur le Rock

Kinks Cross
Si le nom de Ray Davis ne vous est pas familier, rien d’étonnant. Par contre, si je vous dis Lennon/McCartney ou Jagger/Richards, avouez que vous arriverez à situer les mecs un peu plus facilement non ? Cruelle injustice du rock n’ roll qui a refusé au leader des Kinks la même notoriété que ses prestigieux collègues de l’époque sans véritable raison. Moins dangereux que les Rolling Stones, moins charmants que les Beatles, les Kinks ont pourtant écrit une page majeure de l’histoire du rock n’ roll et Ray Davis entend bien remettre les pendules à l’heure.
Ray Davis - "See my friends" Et pour ce faire, il n’a pas lésiné sur les moyens. Voici donc « See my friends », une anthologie des Kinks en quatorze chansons réenregistrées pour l’occasion en compagnie d’une palette d’amis composant rien moins que le haut du panier en matière de rock n’ roll contemporain. Ainsi, « Better Things » qui ouvre l’album retrouve des couleurs avec la complicité d’un Bruce Springsteen très à l’aise sur ce titre qui semble avoir été écrit pour lui et qui laisse présager le meilleur pour la suite…

Avec raison d’ailleurs ! Que l’on aime ou pas Bon Jovi, on ne peut rester insensible à la version de « Celluloid Heroes » où les voix de Ray Davis et Jon Bon Jovi se mélangent en parfaite harmonie tout comme on ne peut résister à l’envie de tout casser en écoutant « You really got me », tube interplanétaire aussi mythique que « Satisfaction » ou « Help ! » au hasard, interprété par Metallica avec un plaisir évident et une patate propre à renvoyer la version de Van Halen aux oubliettes !

Les titres cultes défilent les uns après les autres, avec à chaque fois ce petit déclic (« Ah oui, c’était eux ça ! ») tel le légendaire « Waterloo Sunset » sublimé par Jackson Browne ou encore « Lola » avec Paloma Faith, des morceaux qui auront marqué leur époque et que l’on redécouvre avec bonheur et parfois une certaine surprise, tant l’histoire ne leur a pas rendu suffisamment hommage à mon sens.

Et puis il y a les petits chefs d’œuvre, la version de « This is where I belong » en duo avec Black Francis qui révèle toute l’influence des Kinks sur la musique des Pixies, le très psychédélique « See my friends » kaléidoscopé par Spoon ou encore ce qui reste pour moi l’un des meilleurs riffs de tous les temps, « All day and all of the night » dynamité par Billy Corgan (The Smashing Pumpkins) dans une version augmentée par quelques passages de « Destroyer » distillés avec intelligence, plus proche du bootleg que du medley à proprement dit.

Avec « See my friends », Ray Davis redonne donc à sa musique la place qu’elle mérite au panthéon du rock n’ roll avec l’aide de ceux qui ont façonné la leur à l’aune des riffs imparables des Kinks depuis quarante ans, génération après génération. Il était temps que ces choses soient dites et elles le sont de la meilleure façon possible, en musique ! Hail to the Kinks !
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